Présentation de la 17e édition du festival Visions d’Afrique
14 > 20 octobre 2026 – 17e édition

Édito
La 17ᵉ édition de Visions d’Afrique du 14 au 20 octobre 2026 à Marennes Oléron, et à partir du 12 avec les « hors les murs », sera la première sans Gérard La Cognata, fondateur et président de Visions d’Afrique, disparu le 22 décembre 2025. Malgré son absence – dans tous les cœurs – cette 17ᵉ édition sera fidèle à l’esprit de celui qui a imaginé ces rencontres pour faire découvrir au public français les cinémas, les littératures et les musiques d’un continent en pleine effervescence créative.
Créé en 2010 par les associations Afriques en scène et Le Local, à son initiative, Visions d’Afrique est devenu l’un des rendez-vous français les plus singuliers consacrés aux cultures africaines, un rendez-vous unique, où les artistes rencontrent véritablement le public. Ici, pas de tapis rouge ni de compétition : le festival privilégie les échanges, la découverte et le plaisir partagé du cinéma et de la littérature.
Pendant neuf jours, le Pays Marennes-Oléron regarde l’Afrique autrement
Pendant neuf jours, comme chaque année depuis 2010, le Pays Marennes-Oléron prendra les couleurs de l’Afrique.
Cinémas, médiathèques, écoles, collèges, lycées, librairies, salles de spectacle et restaurants vivent au rythme des projections de films, des rencontres, des débats, des concerts et des expositions. Pendant une semaine, artistes, écrivains, cinéastes d’une quinzaine de pays et spectateurs , venus de tous horizons, se retrouvent pour partager une même curiosité : découvrir l’Afrique à travers celles et ceux qui la racontent.
Le plus bel hommage à Gérard La Cognata ? Continuer à faire découvrir l’Afrique qu’il aimait.
Bien plus qu’un festival, il laisse une aventure humaine, une communauté fidèle de spectateurs, de cinéastes, d’écrivains, de musiciens et de bénévoles réunis par une même conviction : la culture rapproche les peuples et ouvre des horizons que les frontières ne peuvent fermer.
Mais son héritage est partout : dans les films qu’il aurait aimé défendre, dans la fidélité des bénévoles, des artistes et des spectateurs, dans cette conviction qui l’a guidé toute sa vie : les œuvres d’art rapprochent les peuples plus sûrement que les discours.
Cette année plus que jamais, Visions d’Afrique poursuit le chemin ouvert par son fondateur, en donnant à voir une Afrique inventive, plurielle, audacieuse, racontée par celles et ceux qui la vivent.
Cette édition lui ressemble. Elle fait dialoguer l’Afrique et ses diasporas à travers une programmation exceptionnelle réunissant des œuvres venues d’une quinzaine de pays.
Un hommage sera rendu à Gérard La Cognata sur scène en présence de sa famille . Et grâce aux photos d’Odile Motelet, exposées à l’Eldorado et à l’Estran nous revivrons 16 années du « pape » du festival.
Les Afriques en mouvement
D’un bout à l’autre du continent, une nouvelle génération de cinéastes s’empare du réel avec une liberté inédite. Les frontières entre fiction et documentaire s’effacent ; les archives dialoguent avec l’animation ; les récits autobiographiques rencontrent la chronique politique.
Cette édition de Visions d’Afrique en témoigne avec éclat : une nouvelle génération de cinéastes affirme avec force la vitalité du cinéma africain contemporain. Le Sénégalais Alain Gomis, le Nigérian Akinola Davies Jr, le Centrafricain Rafiki Fariola, les jeunes auteurs(trices) du Maroc, du Tchad ou du Soudan proposent des œuvres où l’intime rencontre l’Histoire, où la chronique familiale rejoint les bouleversements politiques, où la jeunesse devient le miroir des sociétés africaines d’aujourd’hui.
Au fil des projections et des rencontres, le spectateur est invité au voyage à travers tout le continent : des rues de Lagos aux montagnes du Rwanda, des quartiers populaires de Tunis aux paysages du Maroc, des villages sénégalais à la Centrafrique, en passant par le Ghana, le Soudan, le Congo ou la Guinée, cette programmation dessine une nouvelle cartographie cinématographique où le continent africain apparaît : pluriel, mouvant, contradictoire, profondément créatif.
Avec des temps forts
Côté cinéma :
- des avant-premières
- Une invitation au travail de mémoire à travers la rétrospective Cinéma et esclavage, mémoire vive d’événements occultés, à l’occasion du 25ème anniversaire de la loi Taubira, première loi dans le monde actant l’esclavage et la traite comme crime contre l’humanité. Avec des films comme Les âmes bossales, Rue Cases Nègres d’Euzhan Palcy, Sucre amer de Christian Lara, Twelve years a slave, West Indies de Med Hondo.
- Un hommage à Alain Gomis. Prix Jean Vigo 2026, en deux films Aujourd’hui (Tey) et Dao
- Un focus sur Nollywood : la fabuleuse success story du cinéma nigérian, présentée par Nadira Shakur, co-fondatrice de la Nollywood Week parisienne
- Avec les films Un jour avec mon père, mention Caméra d’Or Cannes 2025, le prix du jury de la Nollywood week : Fisherman et un documentaire Les mères de Chibok
- Des auteurs confirmés : Soum soum de Mahamat Saleh Haroun ou Chronique du Caire de Morad Mostafa Shawky
- Des découvertes, comme le congolais Rafiki Fariala, dont le film Congo Boy sera présenté en avant-première en présence du scénariste Tommy Baron, ou comme Ben’Imana de la rwandaise Dusabejembo, première cinéaste africaine à avoir obtenu la caméra d’or.
- Des films autour des questionnements sur le genre (LGBTQ), A voix basse de la tunisienne Leila Bouzid, Bouchra film d’animation marocain de Orian Barki et Meriem Bennani ….
- Des documentaires : Le documentaire connaît lui aussi un profond renouveau. Il ne se contente plus d’observer le réel : il l’écoute, le questionne, le réinvente. Les archives deviennent des personnages, les paysages portent les traces de l’Histoire, les récits intimes rejoignent les fractures politiques. Liti Liti, Fantastique, Independance Tey
- Des films d’animation à voir absolument : l’animation affirme une maturité nouvelle. Elle puise dans la littérature, les traditions orales ou les grands drames contemporains pour inventer des formes d’une étonnante liberté visuelle. L’animation, chez Najjar, Allah n’est pas obligé, cesse d’être un genre destiné à l’enfance pour devenir un outil de mémoire et de distanciation politique. Le cinéma hybride de Barki et Bennani, Bouchra, abolit la frontière entre installation artistique, autofiction et récit filmique.
Une place essentielle donnée aux femmes.
Les femmes cinéastes ne sont pas en reste. Cette édition leur fait une place essentielle, non par souci d’équilibre, mais parce qu’elles sont aujourd’hui au cœur des grandes transformations du cinéma africain : Cotton Queen de Suzanna Mirgani – Soudan, Bouchra d’Orian Barki et Meriem Bennani – Maroc, Ben’ Imana de Marie-Clémentine Dusabejambo – Rwanda, Fantastique de Marjolijn Prins, The Fisherman de Zoe Martinson – Ghana, Rue Cases Nègres d’Euzhan Palcy, D’où vient le vent d’Amel Guellaty – Tunisie, A voix basse de Leila Bouzid – Tunisie.
Côté littérature, la présence de 3 autrices :
Chadia Loueslati
Autrice et illustratrice franco-tunisienne, Chadia Loueslati explore avec humour et une grande liberté graphique les questions d’identité, de transmission et de double appartenance.
Zineb Mekouar
Née à Casablanca, Zineb Mekouar s’impose comme l’une des nouvelles voix majeures de la littérature marocaine
Amina Richard
Écrivaine franco-centrafricaine, Amina Richard inscrit son œuvre dans le dialogue entre les cultures, les mémoires et les héritages.
Côté musique, deux concerts
Organisés en collaboration avec le service culturel de la mairie de Saint-Pierre d’Oléron et le service culturel de la mairie de Marennes-Hiers-Brouage.
SOIRÉE D’OUVERTURE AU CINÉMA L’ELDORADO
Le Vendredi 16 octobre – 20h30.
Salle Pierre Bergé – Eldorado
Un concert + un film
Pamela Badjogo – Oyé Oyé mes gens !
Musique du monde
La princesse de l’afro-pop bantoue nous emporte dans un voyage musical au travers duquel elle explore les drames personnels, les triomphes, et les défis quotidiens rencontrés par une femme africaine de notre époque.
SOIREE DE CLÔTURE AU CINEMA L’ESTRAN
le Mardi 20 octobre à 20h30
Un concert + un film
Trio SOBA, afro-blues
SOBA fait voyager le blues jusqu’à ses racines africaines. Le trio réunit le chanteur et guitariste burkinabè Moussa Koita héritier de la tradition mandingue, l’harmoniciste français Vincent Bucher figure du blues européen et le batteur-percussionniste congolais Émile Biayenda à la fois libre comme le jazz et héritier des percussions traditionnelles congolaises.
Les lieux du festival
- Films et rétrospectives cinéma seront présentés au cinéma l’Eldorado à Saint Pierre d’Oléron et au cinéma l’Estran à Marennes.
- Les rencontres littéraires se dérouleront dans les médiathèques de Saint Georges d’Oléron, de Saint Pierre d’Oléron , de Marennes.
- Les auteurs et cinéastes se rendront également dans les collèges de Saint-Aignan, du Château, de Marennes, de St-Pierre d’Oléron .
Quant à la classe cinéma du lycée Merleau Ponty, elle recevra le jeudi 15 octobre au matin, Tommy Baron co-scénariste de Congo Boy, pour parler de son métier, avant de découvrir le film, l’après-midi, à L’Eldorado