Les Cinéastes et Intervenants
Les cinéastes invités & leurs films
Hommage à
Alain
Gomis
Cinéaste sénégalais
Prix Jean Vigo 2026
Alain Gomis s’impose comme l’une des voix les plus singulières du cinéma contemporain. De L’Afrance (2001) à Andalucia, Aujourd’hui (Tey), Félicité ou plus récemment Dao, il construit une œuvre traversée par la question de l’identité, du déplacement et de la transmission. Il filme sur des trajectoires qui se croisent entre la France et l’Afrique, des êtres en déséquilibre et en quête de vérité : migrants, mères courage, exilés, femmes et hommes cherchant leur juste place entre plusieurs mondes. La critique évoque volontiers un « cinéaste-jazz », tant son cinéma privilégie le rythme, l’improvisation et la circulation des énergies.
Les films présentés
Mamadou Khouma Gueye
Réalisateur sénégalais
En entente avec Cinémondes, le festival international du film indépendant d’Abbeville.
Auteur, réalisateur multiprimé et mentor, il est né à Thiaroye Gare (Sénégal). Diplômé en histoire, militant pour l’accès au cinéma en banlieue, avant de devenir cinéaste, il promeut l’art pour tous, abordant des réalités sociopolitiques complexes. Après ses courts-métrages Kédougou (Grand Prix Saint-Louis Docs, Tanit de bronze 2017) et Xaar Yallà (Prix du jury, Fespaco 2023), Liti Liti est son premier long métrage (Visions du réel 2025, Tanit d’or 2025).
Fondateur de Ciné-Banlieue (2008-2013), Plan B Films Sénégal (2015), Khouma a lancé « Taste of Salt », projet d’éducation à l’image et des festivals à Lac Rose.
Le film présenté
Documentaire
Tommy Baron
Scénariste français
Tommy Baron est scénariste et réalisateur né à Cahors. Il réalise ses premiers courts-métrages à 13 ans sur des jeux-vidéos (des « Machinima ») et devient monteur pour des youtubeurs jusqu’en 2015. Autodidacte, il passe par l’assistanat caméra, les effets spéciaux et les auto-productions avant d’intégrer la section scénario de la Cinéfabrique en 2017. Il réalise son film de fin d’études Vingt Hivers en Corée du Sud. Son troisième court-métrage Curiosity on Planet Mars, tourné à Séoul en toute petite équipe, fait sa première au festival de court-métrage de Clermont Ferrand 2026 où il obtient le prix de la meilleure musique originale. Son premier long-métrage co-écrit et sur lequel il était 1er assistant réalisateur, Congo Boy, est présenté à Un Certain Regard au festival de Cannes 2026. En parallèle des écritures, il coordonne depuis 2023 les résidences d’écriture de Gindou Cinéma : la Ruche et la résidence de long-métrage d’Occitanie.
Le film présenté
Avant-première
Focus sur
Nollywood Week

Nadira Shakur
Co-fondatrice de la Nollywood Week
Curatrice, graphiste et productrice, Nadira Shakur est la co-fondatrice du festival Nollywood Week et de la société Okada Media Distribution avec Serge Noukoué, créés en 2013. Dotée d’une formation en communication internationale, en cinéma et en design suivie entre la France, l’Afrique du Sud et le Brésil, Nadira, qui est originaire de Washington DC aux États-Unis, a vécu et travaillé professionnellement sur quatre continents. Elle est passionnée par le développement des industries culturelles et créatives en Afrique et dans la diaspora africaine.
À la croisée de la création, du design et des industries culturelles, elle développe une approche transversale qui relie les territoires, les récits et les publics à l’échelle internationale.
La Nollywood Week Paris est le premier festival entièrement consacré aux nouvelles créations nigérianes. Le rendez-vous devient rapidement une vitrine incontournable d’un cinéma populaire, inventif et en pleine mutation.
Avec leur société Okada Media Distribution, Nadira Shakur et Serge Noukoué, poursuivent le même engagement : accompagner la circulation internationale des films africains et construire des passerelles avec les publics du monde entier. En 2025, nous avons noué un partenariat avec NOW. L’édition 2026 fut marquée par une consécration des femmes cinéastes et une ouverture panafricaine plus large. D’ailleurs, c’est un film ghanéen réalisé par une femme qui a obtenu le prix du jury. Nous avons choisi de présenter deux films de la sélection 2026 : Le documentaire Mothers of Chibok et le Prix du Jury (Meilleur Long Métrage) : The Fisherman.
Les films présentés
Avant-première
L’avancée internationale des films de Nollywood
Pour Serge Noukoué et Nadira Shakur, « Nollywood continue de gagner en professionnalisme » et connaît aujourd’hui une profonde mutation. Né au début des années 1990 autour du marché de la vidéo, le cinéma nigérian ne se résume plus à une industrie populaire produisant des films à faible coût. Une nouvelle génération de cinéastes renouvelle les esthétiques, diversifie ses récits et inscrit le Nigeria dans les grands circuits internationaux, comme C.J. « Fiery » Obasi qui dialogue avec ce cinéma d’auteur international en restant profondément ancrés dans l’histoire nigériane. C’est également le cas d’Akinola Davies Jr. En 2025, il devint le premier réalisateur nigérian sélectionné en compétition officielle à Cannes avec My Father’s Shadow. Le film a décroché une mention spéciale de la Caméra d’or.
Le film présenté
Serge Noukoué
Co-fondateur de la Nollywood Week
Passionné de cinéma, Serge Noukoué a navigué entre production, distribution, formation et même diplomatie culturelle, en tant qu’attaché audiovisuel pour l’Afrique de l’Est de 2020 à 2024. Son goût des cinématographies du monde l’a conduit en 2013 à co-créer avec Nadira Shakur la Nollywood Week à Paris, un festival dédié à la promotion du cinéma nigérian ; un pont entre Afrique francophone et anglophone.
Sa société de distribution (Okada Media Distribution) est également tournée vers la circulation globale des œuvres africaines et diasporiques.

Rétrospective mémorielle
À l’occasion de la rétrospective organisée par l’ADRC
Cinéma et esclavage : Mémoires Vives d’histoires occultées
« Avec le vote de la loi portée par Christiane Taubira, le 10 mai 2001, la France devient le premier État au monde à reconnaître la traite négrière et l’esclavage en tant que crimes contre l’humanité.
À l’occasion de cet anniversaire, l’ADRC, en partenariat avec les distributeurs et les ayants droit, présente la rétrospective Cinéma et esclavage, mémoires vives d’histoires occultées qui met particulièrement en lumière des œuvres venues de l’Hexagone et des Outre-mer, explore la manière dont le cinéma s’empare de cette mémoire longtemps marginalisée et restitue des pans d’histoire longtemps relégués dans l’ombre… Pour Christiane Taubira, il s’agit toujours d’un « sujet d’affect… extrêmement contesté », qui parle de la France d’aujourd’hui et suscite encore des « monologues furieux ».
Des derniers temps de l’esclavage à ses héritages contemporains, les films réunis ici interrogent une histoire dont les effets se prolongent jusqu’à nos jours. Sucre amer de Christian Lara et 12 Years a Slave de Steve McQueen racontent les abolitions et les « désabolitions », tout comme Les Â̂mes Bossales de François Perlier en Haïti ; Rue Cases-Nègres d’Euzhan Palcy raconte les inégalités héritées de la société post-esclavagiste ; West Indies de Med Hondo élargit cette réflexion aux nouvelles formes de domination, de migrations contraintes et d’exploitation.
Ensemble, ces œuvres rappellent que le cinéma ne se contente pas d’évoquer le passé : il en révèle les persistances et contribue à construire une mémoire partagée.»
Leïla Laloupe-Rocher
Les films présentés
Documentaire
Les intervenants
Journaliste, critique de cinéma et spécialiste des relations internationales, elle a couvert avec passion pendant plus de quarante ans, sur RFI, l’actualité politique et culturelle de l’Afrique.
Expert international en Arts, manager culturel, journaliste, théoricien et praticien multiprimé du cinéma, il enseigne le cinéma comparé et les études africaines depuis 1999 (universités Bordeaux Montaigne, Niamey, Genève).














