Présentation de la 11ème édition

La 11° édition de VISIONS D’AFRIQUE aura lieu du 14 au 20 octobre 2020 dans les salles de Saint-Pierre d’Oléron (Eldorado) et de Marennes (Estran).
Elle marquera le 10° anniversaire du festival
Le programme s’organisera sur les mêmes bases qu’au cours des dernières sessions. Il comprendra les 3 séquences cinématographiques habituelles:

1. Présentation par 3 cinéastes de leurs films

Pour cette 11° édition, Trois cinéastes, deux cinéastes africains et un cinéaste français seront de la Fête.

Dani Kouyaté, cinéaste du Burkina Faso, est une figure marquante des cinémas d’Afrique. Son premier long métrage, Keita, l’héritage du griot, est sorti en 1996 (prix de la première réalisation au Fespaco, suivi 6 ans plus tard, en 2001, par Sia, le rêve du python : deux films qui plongent
dans l’histoire, les légendes et les mythes africains et manifestent la volonté du réalisateur, né dans une famille de griot de l’ouest du Burkina Faso, de mettre l’image et le film au service d’une culture et d’ une histoire trop souvent ignorées par la jeunesse africaine.

Ce retour sur le passé africain est également le thème central de Soleils, film co-réalisé en 2012 avec Olivier Delahaye. Les deux autres longs métrages de Dani Kouyaté, Ouaga Saga en 2004 et Tant qu’on vit en 2016 s’inscrivent dans l’actualité. Le premier s’intéresse aux aventures et
aux destins d’une bande d’adolescents de Ouagadougou , le second traite, à travers le parcours d’une veuve, Kandia , infirmière d’origine gambienne qui vit en Suède depuis 30 ans, de la complexité des relations qu’entretiennent les exilés et leur pays d’origine.

Dani Kouyaté
Boris Lojkine sur le tournage de Camille,
en compagnie de Nina Meurisse

Notre second invité, le cinéaste français, Boris Lojkine est devenu un familier de l’Afrique dans les années 1990. Normalien, professeur de philosophie, il a commencé par réaliser deux documentaires au Vietnam qui racontent le deuil impossible des hommes et des femmes qui ont
vécu la guerre. Le second de ces films Les Âmes errantes fut un grand succès.

C’est alors qu’il s’intéresse aux migrants africains. Après de longues et minutieuses enquêtes de terrain, il tourne son premier long métrage de fiction Hope, l’un des films les plus aboutis sur la vie et les souffrances de ceux et de celles qui tentent de franchir le désert saharien. Le Prix SACD de la semaine de la critique à Cannes récompense le bouleversant Hope.

Il vient de sortir en 2019 son second long métrage Camille qui a reçu le prix du public à Locarno. Nina Meurisse a reçu le Valois de la meilleure actrice pour sa prestation dans le film.

Le tournage du film a été mis à profit pour former quelques jeunes cinéastes centrafricains qui ont par ailleurs contribué activement à la réalisation de Camille.

Camille
Fatoumata Diawara dans Le rêve du python

Dieudo Hamadi, enfin, est un documentariste congolais qui traite des questions politiques et sociales de son pays, n’hésitant pas à plonger dans la mélée avec sa caméra-témoin. Son premier long métrage documentaire, Atalaku, sort en 2013 et remporte le Prix Joris Ivens du meilleur premier film au Festival du Cinéma du Réel en 2013.

Il tourne à Kisangani, en 2014, son second long métrage Examen d’Etat qui reçoit de très nombreux prix et contribue à le faire connaître.

Atalaku
Dieudo Hamadi

Maman Colonelle, son troisième long métrage, remporte le Grand Prix du cinéma du Réel à Paris en 2017. Il est suivi par Kinshasa Makambo présenté à la Berlinale en 2018. Son dernier film En route pour le milliard raconte la lutte des victimes du conflit (la guerre des 6 jours) qui s’est déroulé en 2000 à Kisangani entre deux clans appuyés par les armées ougandaises et rwandaises.

Il a fait partie de la sélection officielle à Cannes en 2020.

2. Les « Visions d’Afrique 2020 » sont constituées cette année de 11 longs métrages

(au total 19 longs métrages avec les 8 films des invités).

11 pays seront représentés, notamment plusieurs pays africains dont la production est rarement visible sur nos écrans, le Soudan, la République Centrafricaine, le Kénya et la Namibie (1° long métrage).

La sélection comporte également Camille, film du cinéaste français Boris Lojkine (et 2 films soudanais « rares »: une fiction Tu mourras à 20 ans de Amjad Abu Alala et un documentaire Talking about Trees de Suhaib Gasmelbari (tanit d’or du documentaire à Carthage en 2019).

Seront également au programme Un Fils du cinéaste tunisien Mehdi Barsaoui ainsi que le film Supa Modo du réalisateur Kényan Likarion Wainaina qui figurera au programme des scolaires (qui a reçu le premier prix au festival de Khouribga en 2018).

Myopia
de Sanaa Akroud
Tu Mourras à 20 ans
de Amjad Abu Alala

L’Algérie sera représentée par le surprenant Abou Leila de Amin Sidi-Boumedienne et le séduisant documentaire 143 rue du désert de Hassen Ferhani tandis que le Maroc nous offrira le film Myopia de Sanaa Akoud qui a été couronné à Vues d’Afrique.

La productrice du film Abou Leila (Louise Bellicaud de IN Vivo Films) sera présente à l’Eldorado pour la projection du film lundi 19 octobre.
Les spectateurs pourront également apprécier le dernier film de Amor Hakkar Le choix d’Ali et s’émouvoir à la projection de La ligne blanche , premier film de la jeune cinéaste namibienne Désirée Kahimoko.

Abou Leila
de Amin Sidi-Boumedienne
Tu Mourras à 20 ans
de Amjad Abu Alala

3. Trois soirées pour la 11e édition

Enfin le schéma concernant l’organisation de 3 soirées « particulières » expérimenté l’an dernier a donné pleine satisfaction. Il sera reconduit en 2020 avec :

1. Soirée d’ouverture
Mercredi 14 oct. – Cinéma l’Eldorado

La soirée d’ouverture à l’Eldorado avec repas convivial « couscous » suivi du film kénya, Supa Modo de Likarion Wainaina

2. Soirée 10° anniversaire
Vendredi 16 oct. – Cinéma l’Eldorado

La soirée « 10° anniversaire  » de VISIONS d’AFRIQUE sera animée par l’orchestre Bania. Comme tous les ans, elle sera coorganisée avec le Service Culturel de la Municipalité de Saint-Pierre d’Oléron. Ce concert suivi de la projection du film 143 rue du désert de Hassen Ferhani

3. Soirée de clôture
Mardi 20 oct. – Cinéma l’Estran

La soirée de clôture enfin le mardi 20 octobre à l’Estran débutera à 18h avec le film La ligne blanche de la jeune cinéaste namibienne Désirée Kahikopo
A 21h, Amadou Gaye, comédien sénégalais célébrera une fois encore les poètes, les poétesses et les conteurs de la francophonie et clôturera cette 11° édition.

Bania
Amadou Gaye

4. Le volet Scolaire

Le volet scolaire intéressera encore en 2020 tous les ordres d’enseignement, notamment les écoles et les collèges.

C’est cette année de manière tout à fait exceptionnelle un film Kényan, Supa Modo, de Likarion Wainaina qui sera proposé à l’ensemble des scolaires, aussi bien pour les élèves des classes primaires que pour les collégiens (il sera également au programme du festival).
Ce film raconte les efforts de tout un village pour que Jo, petite fille 9 ans, frappée par une maladie incurable et passionné de super héros, réalise son rêve : tourner un film dont elle sera l’héroïne dotée de pouvoirs magiques.

Le programme particuler pour les classes spécialisées du lycée Merleau-Ponty de Rochefort sera confié cette année au réalisateur burkinabe Dani Kouyate qui présentera et commentera l’un de ces longs métrages (co-réalisé avec Olivier Delahaye) , Soleils.

Supa Modo
de Likarion Wainaina

5. Les Rencontres Littéraires

Le programme comportera bien entendu en second lieu un volet littéraire qui associera une nouvelle fois interventions auprès du jeune public et rencontres des adultes avec un romancier.

L’intervenant auprès du Jeune Public sera l’auteur-Illustrateur d’origine camerounaise, Christian Epanya, l’auteur du célèbre Le taxi-brousse de Papa Diop.

Le public adulte des médiathèques de Marennes, Saint-Georges et Saint-Pierre recevra la romancière d’origine algérienne Sofia Aouine dont le premier roman Rhapsodie des oubliés a reçu le prix de Flore en novembre 2019.

Sofia Aouine reçoit le prix de Flore
en novembre 2019
« Zem Frigo » de Christian Epanya

6. Trois expositions

  1. La première de ces expositions est intitulée « Voyage au pays de l’autre. Jeux de miroir, miroir du Je ». Elle a été réalisée par Catherine et Bernard Desjeux, photo-reporters spécialistes de l’Afrique et sera proposée dans le hall du cinéma Eldorado à Saint-Pierre d’Oléron.
  2. Dans le hall de l’Eldorado seront également exposés les travaux sur l’Afrique réalisé par les élèves de l’Ecole de Saint-Pierre d’Oléron.
  3. La troisième exposition aura pour cadre, à Marennes, la salle d’exposition de la médiathèque. Elle sera consacrée aux illustrations et tableaux de Christian Epanya.