Adama Bineta Sow

Adama Bineta Sow, cinéaste sénégalaise née en 2002, a réalisé deux courts-métrages : Aveuglé par un Aveugle (2017) et À nous la Tabaski (2019) sélectionnés en compétition officielle dans plusieurs festivals internationaux. Timpi Tampa (mention spéciale du jury au Fespaco 2025) est son premier long-métrage.

Lotfi Achour

Cinéaste et metteur en scène de théâtre, très attiré par la création contemporaine, Lotfi Achour a mis en scène plus de 25 créations, dont un Macbeth pour le World Shakespeare Festival aux JO de Londres. Après 3 courts-métrages multi-sélectionnés et primés, dont La laine sur le dos (Festival de Cannes 2016), il réalise Demain dès l’aube, portrait fébrile d‘un pays hanté par ses fantômes.

Tarik Saleh

Né en 1972 à Stockholm d’une mère suédoise et d’un père égyptien, Tarik Saleh est connu dans les années 80 comme l’un des plus célèbres graffeurs de la capitale suédoise. Il a ensuite réalisé des documentaires, notamment Sacrificio : who betrayed Che Guevara (2001), ou Gitmo : the new rules of war (2005). En 2017, Le Caire confidentiel lui apporte une reconnaissance internationale. Il obtient le Prix du scénario au Festival de Cannes.

Greta-Marie Becker

Greta-Marie Becker a grandi entre Allemagne et Équateur. Son premier long-métrage, The Whisper of Marimba (2020), fut programmé dans une 40aine de festivals internationaux. Germaine Acogny… est son second long-métrage.

« Mon film trouve sa source dans notre rencontre, celle d’une jeune réalisatrice berlinoise et d’une légende de la danse africaine contemporaine […] qui danse vers la liberté et ouvre un chemin pour de futures générations de danseurs noirs. » Greta-Marie Becker

Jean-Pierre Bekolo

Un cinéaste à cloche-frontières

Par Thierno Ibrahima Dia

Jean-Pierre Bekolo est né au Cameroun en 1966. Quand il déboule sur la scène cinématographique mondiale, il a 25 ans et un grand appétit de cinéma. Son premier film Quartier Mozart (Cannes 1992)  est un ovni multiprimé (Locarno, Montréal, Ouaga).

En 1995, pour les 100 ans du cinéma, il réalise Le Complot d’Aristote (commande du  British Film Institute, avec Martin Scorsese, Stephen Frears, Jean-Luc Godard.,..). 

Il est déjà afro-futuriste avec Les Saignantes (Étalon d’Argent et Prix Meilleures actrices au Fespaco 2007) où deux femmes essayent de sortir d’un enfer où planent mort et corruption. En 2007, il propose Une Africaine dans l’Espace, installation vidéo pour le Musée du Quai Branly, Paris. Dans Naked Reality, 2016, il offre aussi une réflexion décoiffante et futuriste sur l’ADN, et le salut de l’humanité. Professeur dans plusieurs universités américaines : Duke, Chapel Hill (Caroline du Nord), Virginia Polytechnic Institute, il a publié Africa For The Future, le cinéma pourrait-il permettre d’accoucher d’un nouveau monde ? (2009, essai). JP Bekolo est son propre producteur, d’où une certaine régularité de production et une liberté de ton. Il en paie le prix : Les Saignantes puis Le Président (2013) sont censurés au Cameroun.

Un cinéaste de la déconstruction

La volonté d’ouvrir une nouvelle narration (africaine) – en mélangeant fiction et réalité, en triturant la forme et l’imaginaire – est présente dans tous ses films. Chez ce cinéaste, l’humain est à la fois un point d’appui et la ligne d’arrivée. Exposer les plaisirs, c’est faire exploser les douleurs. C’est la raison pour laquelle les corps (féminins) sont joliment filmés dans le plus simple appareil (dans Naked Reality ou la séquence d’ouverture des Saignantes), car ils sont des armes contre la violence hégémonique de « la méreprésentation » (vision majoritaire, masculiniste, négative et cannibale du réel). Cette violence génère la résistance de celles qui sont essentialisées : les femmes. Cette subversion artistique (que j’appelle « outre-représentation ») vient contrecarrer les tentatives d’éviction de l’humain, dévoile les structures de la violence illégitime et la repousse vers la périphérie.

Bekolo se défie des frontières et offre un tableau complexe de l’humanité ; l’humour y est central (ses dialogues sont admirablement ciselés). L’espoir et le dialogue en sont l’acmé et la chute. 


Filmographie sélective : Quartier Mozart (1992), Le Complot d’Aristote (1995), Les Saignantes (2005),  Les Pieds nickelés à l’Élysée (2010), Et si l’Afrique lui ressemblait ? (2010, doc), Le Président. Comment sait-on qu’il est temps de partir ? (2013, documentaire-fiction), Les choses et les mots de Mudimbe (2015, doc), Naked Reality (2016), Our Wishes (2016, série TV), Les Armes Miraculeuses | Miraculous Weapons (2017), Nous les Noirs (2021), Walaande (2023, LM producteur), Le goût du vin de palme (2025).

Asmae El Moudir

Réalisatrice, scénariste et productrice marocaine, Asmae El Moudir vit entre Paris et Rabat. Titulaire d’un master en production de l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Rabat, elle a étudié à la FEMIS à Paris. Passionnée par son pays, la mémoire et le souvenir, Asmae a réalisé plusieurs courts-métrages documentaires, présentés et distingués dans les plus grands festivals du monde. En 2020, elle réalise un moyen-métrage, The Postcard. La Mère de tous les mensonges est son premier long-métrage. 

Luck Razanajaona

Luck Razanajaona, né en 1985, est un cinéaste malgache diplômé de l’École des arts visuels de Marrakech en 2011. Il a participé à des « ateliers » prestigieux tels que The Berlinale Talent Campus, The Rotterdam Lab et La Fabrique des Cinémas du Monde à Cannes. Ses courts-métrages, Le Zébu de Dadilahy (2013), Madame Esther (2015), Faritra (2021) ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals à travers le monde, dont le Fespaco. Disco Afrika est son premier long-métrage.

Mohamed Zinet

Né dans la casbah d’Alger le 16 janvier 1932, Mohamed Zinet rejoint l’Armée nationale de libération pendant la guerre. Blessé, il est envoyé en Tunisie, où il intègre la troupe de théâtre du FLN. Il a fait partie du Théâtre national algérien. Au cinéma, il a été l’assistant de Gillo Pontecorvo pour la Bataille d’Alger en 1965.  Acteur dans de nombreux films français, dont Trois cousins (R. Vautier, 1970) Dupont Lajoie (Y. Boisset, 1975), il doit son seul premier rôle à Daniel Moosmann, dans Le Bougnoul en 1975. Tahia Ya Didou est son unique film de cinéaste.

UNE ÉTOILE FILANTE MOHAMED ZINE

Tahia Ya Didou de Zinet, le premier film urbain. 

« Si, comme je le pense, le sujet principal du cinéma est le temps et la mémoire, alors Tahia Ya Didou est un objet parfait de cinéma. Et de nostalgie. Avant de le voir, nous savions déjà que c’était un film précieux. Parce que c’était Zinet. À 9 ans, Zinet est monté sur les planches; acteur, poussé par la Guerre d’Algérie, il alla à travers le monde. 1962 le trouvera en Scandinavie dans le rôle d’Amédée de Ionesco. En 1963, il présentera au public d’Alger sa pièce Tibelkachoutine. En 1964, il est assistant sur la Bataille d’Alger de Pontecorvo. Il est aussi journaliste, humoriste, dessinateur, mais ce qu’il y a de plus important pour le cinéma et pour nous dans les bagages du petit homme de la Casbah, c’est la liberté. Cette liberté que nous ne connaissions pas, nous les Enfants de l’Algérie pétris par les grandes causes nationales. Zinet vivait sa liberté d’homme, aussi difficile soit-elle. Cette liberté fit de lui un paria dans la société de la Révolution nationaliste et socialiste, souterrainement islamiste. On le retrouva mort sur un trottoir, un matin gris à Paris. Il me disait, « Tous ceux que je rencontre veulent m’offrir à boire, personne ne m’offre à manger. » Qu’elle est triste la Révolution quand elle laisse mourir ses poètes, et qu’elle empêche ses femmes de danser ! 

Wassyla Tamzali

Publié en mai 2013 dans Le Quotidien d’Oran (puis dans les Temps Modernes).

Mohammed Latrèche

Mohammed Latrèche vit et travaille entre la France et l’Algérie. Né à Sidi-Bel-Abbès en 1973, il étudie les Sciences politiques à Paris, à 20 ans. Avec Sora Films, il a produit de nombreux courts, dont Cousines de Lyes Salem (César 2004) et il distribue en Algérie des longs-métrages étrangers (Les Poupées russes de Cédric Klapisch, Million Dollar Baby de Clint Eastwood, ou Volver de Pedro Almodovar…). Il a réalisé Rumeurs, etc. (2003), À la recherche de l’Emir Abd El-Kader (2004), Boudjemâa et la maison cinéma (2019) et Zinet, Alger, le bonheur.

Osvalde Lewat

Photographe, écrivaine, cinéaste, native de Garoua au Cameroun, Osvalde Lewat étudie le journalisme à l’ESSTIC de Yaoundé puis à Sciences Po Paris. Après des débuts de journaliste, elle se tourne très vite vers le cinéma (FEMIS-Paris et INIS-Montréal) et réalise Le calumet de l’espoir sur des Amérindiens (2000), Au delà de la peine, portrait d’un prisonnier injustement incarcéré au Cameroun (2003), Un Amour pendant la guerre sur la situation des femmes violées pendant les conflits (2005), Une affaire de Nègres, autour des exactions d’une unité paramilitaire de la police à Douala (2007). 

Dans le même temps, elle expose ses photographies de par le monde et écrit un roman Les Aquatiques en 2021.

En 2021, elle publie son premier roman, Les Aquatiques, aux éditions Les Escales.  Elle y raconte l’histoire de Katmé, une femme d’une trentaine d’années, enseignante, mariée à un homme de pouvoir, dont la vie bascule le jour où son meilleur ami est emprisonné par les autorités du Zambuena, le pays (fictif) d’Afrique subsaharienne où ils vivent. Elle décide alors de se battre pour le faire libérer. Son premier adversaire sera son mari, membre du parti au pouvoir. Elle trouvera sur sa route un adversaire encore plus inattendu, elle-même, élevée à l’ombre du patriarcat et de la masculinité, pour accepter d’être « une vraie femme ». 

Osvalde Lewat ira à la rencontre des auditeurs adultes dans les médiathèques.

Grand Prix Panafricain de Littérature 2022, du Prix Kourouma 2022 et du Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises 2022.