Une urgence ordinaire

  • Réalisé par Mohcine Besri
  • Année de production : 2018
  • Durée du film : 85min
  • Pays d'origine : Maroc
  • Avec : Rachid Mustapha, Fatima Zahra Benacer, Youssef Alaoui, Saïd Bey, Ghalia Ben Zaouia, Ayoub Layoussifi, Younes Bouab

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Résumé

Driss et Zarha ont quitté leur village de pêcheurs pour emmener leurs fils Ayoub, 6 ans, aux urgences de l’hôpital public de Casablanca. Ils retrouvent Houcine, le frère de Driss, avec qui ils sont fâchés depuis des années. Le médecin diagnostique un problème au cerveau nécessitant une intervention urgente. C’est le début d’un parcours douloureux qui va pousser chacun à aller au bout de lui-même. Jusqu’où iront-ils pour sauver Ayoub ?

« Maroc Diplomatique : Tout le monde est conscient que le cinéma est un des diplomates du Maroc, il représente le pays un peu partout dans le monde, on le retrouve dans tous les festivals où on va et c’est quelque chose dont on peu se féliciter». Vous avez fait cette déclaration lors d’une interview avec un confrère. Ne pensez-vous pas que le rôle du diplomate est de présenter son pays sous sa plus belle image ?
MB : Je pense que le rôle d’un diplomate est de montrer son pays avec sincérité, autrement, il devient un propagandiste. Personne ne donne du crédit à la propagande qui, généralement, dessert le dessein qu’elle essaye de servir. J’ai eu l’occasion de montrer ce film un peu partout dans le monde et de discuter avec le public de ces pays. Ce qu’ils retiennent du film en dehors de l’empathie qu’ils ressentent, c’est l’image d’un hôpital (un pays) qui reste debout bon gré mal gré grâce à la solidarité qui se trouve entre ses occupants (citoyens), n’est-ce pas ce qui fait ternir notre cher Maroc ? »

« Ce drame, à la fois tragique et ironique, ne met en scène que l’ordinaire quotidienneté. « Pendant le tournage, les figurants me racontaient leurs expériences, explique Besri. Les gens se sont reconnus à l’écran.» Inspiré par le réalisateur italien Nanni Moretti et par sa façon de mettre en scène la société, Mohcine Besri soigne chaque détail, chaque image. Fruit d’un « long travail de recherche qui a duré des années », Une urgence ordinaire ausculte un système défaillant, mais aussi les thèmes plus vastes de la pauvreté et des migrations. C’est « une métaphore des maux de notre société »
Arianna Poletti – Jeune Afrique mai 2019