Vent Divin

Amin, un jeune homme taciturne, végète dans une petite ville du Sahara algérien. Logé par la vieille El Hadja dans une maison isolée, il s’immerge quotidiennement dans la lecture du Coran. Un matin, il reçoit, par message crypté, la photo d’une jeune femme, Nour. Quand elle le rejoint quelques jours plus tard, la rencontre est glaciale. Pourtant, leur présence dans cette maison n’est pas un hasard. Ils ne se connaissent pas, mais ils ont un but commun à atteindre.


« Merzak Allouache, dans Vent divin, suit le parcours d’un jeune homme devenu islamiste recruté par une combattante de Daesh pour perpétrer un attentat suicide contre une raffinerie du Sahara algérien. La rareté des dialogues auxquels se substituent des gros plans sur le visage des protagonistes permet paradoxalement de donner à voir les contradictions qui les animent. Avec une grande économie de moyens (peu de décors, une chronologie resserrée et une stricte unité d’action) et sans élan de sentimentalité, le réalisateur installe peu à peu une lutte intime entre pulsion morbide et amour naissant. Le noir-et-blanc particulièrement efficace (cf. les scènes nocturnes où l’écran n’est parcouru que de quelques lueurs) dialogue avec une topographie étrange, à la bordure du désert, entre des paysages minéraux écrasés de lumière, de fraîches oasis et une maison sombre et fermée sur elle-même » CRITIKAT.
Thomas Lequeu . 30° édition du festival de Fameck (octobre 2019)

« Magnifiquement filmé en noir et blanc par Mohamed Tayeb Laggoune, Vent divin de Merzak Allouache est une exploration profonde de cette impulsion morbide qui anime tant de jeunes dans les sociétés arabes, qui désirent non seulement mettre fin à leur vie, mais aussi à celle de la société qui les entoure. » (Festival de Marrakech)

Sélectionné dans de nombreux festivals, Vent divin a reçu le prix SIGNIS lors du 29ème Festival du Cinéma d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine (FESCAAL), qui s’est tenu à Milan du 23 au 31 mars 2019.

Omar Gatlato

A Alger, Omar ,dit Gatlato à cause de son côté macho, habite avec sa famille sur les hauteurs de Bab El-Oued, dans un petit appartement de la cité du Climat de France. Il travaille comme employé au Service des Fraudes. Passionné de musique chaâbie, il ne quitte jamais son radiocassette, jusqu’au soir où on le lui dérobe. Un ami lui procure un nouvel appareil qui contient une cassette, où l’on entend la voix d’une jeune fille parlant de sa solitude…Il est troublé.


« Pour la première fois, un film algérien décrit non plus les méfaits de la colonisation, les affres de la guerre d’indépendance, les troubles politiques, mais tout simplement la vie quotidienne des jeunes qui n’ont pas connu le passé douloureux de leur pays. Omar Gatlato, c’est une étude sociologique savoureuse et légère, réaliste pourtant, de la jeunesse algérienne d’aujourd’hui. L’heure n’est plus à l’amertume, mais au coup d’oeil aigu et amusé. Cela vaut toutes les démonstrations. » Larousse « Dictionnaire mondial des films »

«J’ai reconnu le choc. Le même que celui autrefois éprouvé au spectacle du Voleur de bicyclette. Finesse de l’observateur « en direct », tendresse tempérée de drôlerie, sensation d’authenticité, qui conférait à la sympathie non déguisée pour les milieux populaires le poids de l’objectivité : pareil ton avait tout pour saisir… ». Jean-Louis Bory

Omar Gatlato, qui figure parmi les grands succès publics du cinéma en Algérie, était au programme de la Semaine internationale de la Critique, au Festival de Cannes 1977.

Bab El Oued City

Boualem, jeune mitron, dort le jour pour récupérer de son travail de la nuit dans une boulangerie de Bab el-Oued. L’appel à la prière de l’imam, un jour que le haut-parleur est poussé au maximum, le met hors de lui : il arrache l’engin et le jette à la mer. Dans l’ambiance extrémiste qui règne alors, on cherche activement le coupable pour faire un exemple.


Au moment d’une diffusion télévisée du film en 1995, Aurélien Ferenczi écrit dans Télérama :
«Sans autorisation, menacé comme tous les intellectuels et artistes algériens, Merzak Allouache a “volé” son film, caméra sur l’épaule, dans les rues d’Alger………….. De saynètes en saynètes, de personnages cocasses en sbires menaçants, passant de l’insolence à l’inquiétude, de l’ironie joyeuse à la noirceur, Bab El-Oued City rend magnifiquement compte du quotidien algérois, à l’heure où l’intégrisme commençait à profiter du désarroi de la population……………..La réflexion passionnante sur la situation algérienne est servie par un authentique sens du récit et des acteurs inconnus mais épatants. Du cinéma intelligent, engagé et humain.»

«Renouant avec le quartier de son enfance qu’il avait déjà utilisé dans Omar Gatlato, Merzak Allouache tente de saisir les données du drame dans lequel l’Algérie est plongée. Plus que de pointer du doigt telle ou telle cause, tel ou tel coupable, c’est un ensemble de faits que le cinéaste met à jour; des faits que l’on peut résumer en quelques mots: inertie d’une société pauvre qui suinte l’ennui et la combine; misère morale et sexuelle d’une jeunesse sans avenir. Loin de se cantonner à un simple constat, autrement dit, loin de toute sociologie, Merzak Allouache, renouant avec la veine d’Omar Gatlato nous donne un film vivant dont la gravité sous-jacente est moins générée par l’histoire qu’il nous raconte que par les conditions évoquées plus haut, dans lesquelles son tournage a dû s’inscrire et que nous ne pouvons manquer de ressentir. Film traitant d’un passé proche, Bab el-Oued City est lourd de tout le poids du présent»
Philippe Elhem -ERUDIT

Bab El Oued City a été sélectionné à Un Certain Regard à Cannes et a reçu le Tanit d’Argent au festival de Carthage en 1994

Madame Courage

Omar est un garçon accro aux célèbres psychotropes surnommés « madame Courage », des comprimés d’Artane très prisés par les jeunes Algériens pour leur effet euphorisant d’invincibilité. Spécialiste du vol à l’arraché, il va, ce matin-là, comme à son habitude, commettre ses forfaits dans le centre ville. Sa première proie s’appelle Selma, une jeune fille qui se promène avec ses copines et porte – bien en évidence – un collier en or.
Alors qu’il commet son acte, Omar croise le regard de Selma…


« Quelle a été la motivation première?
Ce film entre dans la continuité de mon travail sur la société algérienne. Comme elle est composée à plus de 85 pour cent de jeunes de moins de 20 ans et au vu de la situation catastrophique du pays, les sujets ne manquent pas…
Avec MADAME COURAGE, je parle du phénomène de la drogue qui prend de l’ampleur. Les jeunes n’ont aucune vision de l’avenir, ils ne savent pas où va le pays ni ce que l’on fait pour eux. C’est un peu mondial mais c’est très fort en Algérie. Ces paradis artificiels se vendent sur le marché………Ce sont des drogues qui permettent de voyager d’une manière dramatique. Ils ne savent pas ce qu’ils font.»
Interviewé par Nicolas Gilson 08/09/2015 « Un grand moment de cinéma »

« LES DAMNES DE LA TERRE. Sous ce titre déconcertant», Madame Courage», Allouache nous embarque dans un drame social et grave, révélateurd’une jeunesse algérienne condamnée à s’inventer par tous les moyens.

Le film est une plongée en apnée dans l’univers sombre et glauque des damnés de la terre, des exclus, des marginaux, dans l’espace sordide des bidonvilles de Mostaganem. A l’aide d’une caméra fouisseuse……cet habile faiseur d’images filme la dérive de son héros, Omar, interprété par Adlane Djemil , troublant de réalisme et de justesse..»

Hamadi Abassi dans Kapilalis Novembre 2015

Madame Courage a été sélectionné dans de nombreux festivals , notamment à la Mostra de Venise, et a remporté le grand prix de la sélection internationale de la 32e édition du Festival international de cinéma Vues D’Afrique en 2016.

Harragas

Mostaganem, à 200 Km des côtes algériennes. Hassan, un passeur, prépare en secret le départ illégal d’un groupe d’immigrants vers les côtes espagnoles. Dix « brûleurs » participent au voyage. HARRAGAS est l’odyssée de ce groupe rêvant à l’Espagne, porte ouverte sur l’Eldorado européen.


Imitant les africains, les marocains, les tunisiens, aujourd’hui, des centaines de jeunes algériens franchissent régulièrement et très souvent au risque de leur vie, la méditerranée à la recherche de l’Eldorado Européen.
Lorsque j’ai commencé à écrire, j’étais loin de me douter que ce problème allait prendre aussi rapidement une telle ampleur pour devenir une préoccupation nationale, censée interpeller les plus hautes autorités algériennes […] Ces nouveaux «boat people » sont le symbole du drame que vit la jeunesse algérienne tiraillée entre l’islamisme radical qui crée le kamikaze, l’émeute collective qui embrase très souvent les villes et les villages, le suicide individuel ou la fuite en groupe par tous les moyens d’un pays qui semble figé et n’offre plus rien à ses enfants…»
Merzak Allouache (note d’intention// 2010)

« Harragas est un film résolument pessimiste, grave et funèbre, montrant une société, un pays, à la dérive, tout près de chavirer…..Mais le simple fait qu’un film comme celui-ci existe, puisse être tourné avec les moyens du bord, en faisant participer de jeunes acteurs amateurs embauchés sur place, à Mostaganem, constitue la preuve éclatante qu’il est possible de créer des choses de façon collective. La culture, le cinéma ou le sport [..] peuvent servir de ciment à la nation, et donner de nouvelles impulsions, de nouvelles énergies, à condition qu’ils soient correctement exploités… Merzak Allouache, humble et pudique, s’en défendra peut-être, mais son Harragas est un film exemplaire…» Boustoune. mars 2010 ( Angles de vue)

Harragas a obtenu le Prix spécial du jury et le prix des Droits de l’Homme au Festival du film de Dubai et a reçu le Palmier d’Or au Festival de Valencia (Espagne) en 2009.

Soundiata Keita, le réveil du Lion

Treizième siècle, royaume du Mandé.
Le film relate la jeunesse et l’ascension du jeune prince Soundiata Keïta, fils de Sogolon la bossue, épouse du roi. Dès son enfance, Soundiata doit faire face à la jalousie et aux moqueries de Sassouma Bérété, l’autre épouse du roi.

Paralysé des deux jambes, Soundiata semble incapable de se hisser à la hauteur de son rôle. Pourtant il finit par guérir et devient peu à peu un grand guerrier qui doit sauver son pays de l’attaque du maléfique Soumangourou Kante, le roi-sorcier. Soundiata peut compter sur le soutien du griot Balla et d’un djinn qui veille sur l’accomplissement de son destin, mais aussi, par la suite, sur l’amour de sa compagne Noura. Soundiata fera ainsi du Mandé, le plus grand empire de l´histoire de l´Afrique (l’empire du Mali).

Soundiata Keita, le réveil du lion est le deuxième long métrage d’animation (2014) réalisé par Afrika Toon, studio d’animation 2D/3D crée en 2005 en Côte d’Ivoire par des dessinateurs venus de l’hebdomadaire satirique ivoirien Gbich !

La caméra de bois

Un township à proximité du Cap, que la fin de l’apartheid semble n’avoir pas touché. Deux gamins de 14 ans, Madiba et Sipho, jouent le long d’une voie de chemin de fer. Près d’un cadavre, ils découvrent un pistolet et une caméra vidéo. A Sipho le pistolet et à Madiba la caméra ; leurs destins sont scellés.


«Un regard, une rencontre, un échange entre deux mondes que tout sépare et les barrières s’effondrent. L’amour possible dans la fuite, ensembles, vers de nouveaux horizons. Un regard tendre, naïf, humaniste et poétique sur l’Afrique du Sud des années Mandéla où l’amour entre noirs et blancs reste un tabou que seules l’énergie et l’innocence de la jeunesse peuvent encore transgresser. …Un conte de fée auquel on voudrait bien croire. Laurence (Clap Noir)

« Entre documentaire et fiction, le quotidien des townships pour un tableau tout en douceur d’une société ultra-violente. Un message d’espoir simple, presque pédagogique, à travers le prisme de la caméra d’un jeune cinéaste dont on imagine aisément la suite des aventures, une fois le générique déroulé, vers les sommets d’un art qui l’aura sauvé de la misère.. » (à-Voir à-Lire ) Christian Lemonier

La genèse du film

Dans les années 1990, Olivier Delahaye, producteur français de films publicitaires, rencontre, lors d’un séjour en Afrique du Sud, un autre réalisateur de films publicitaires qui lui raconte l’histoire d’un jeune garçon du township du Cap qui découvre par hasard une caméra et devient cinéaste. Tous deux décident alors de raconter cette histoire. Olivier Delahaye choisit pour réaliser le film le cinéaste sud-africain Ntshaveni Wa Luruli , né à Sowéto, qu’il avait rencontré à Johannesburg. Il assure la production du film et écrit un roman (novélisation) très étroitement inspiré par le scénario du film.

La Caméra de bois a remporté de nombreuses récompenses dans divers festivals : l’Ours de cristal du Meilleur film au Berlin KinderFilmFest 2004, le Cheval de bronze du Meilleur film au Festival Stockholm Junior 2004 et le Grand Prix au Festival Montréal Vues d’Afrique 2004.

En route pour le milliard

Sola, Modogo, Mama Kashinde, Papa Sylvain, Bozi, Président Lemalema… font partie de l’Association des victimes de la Guerre des Six Jours de Kisangani. Depuis 20 ans, ils se battent pour la mémoire de ce conflit et demandent réparation pour les préjudices subis. Excédés par l’indifférence des institutions à leur égard, ils décident de se rendre à Kinshasa pour faire entendre leurs voix.

1734 km sur le fleuve Congo, une incroyable épopée pour réclamer justice.


« En route pour le milliard est une oeuvre profonde et humaniste, où la beauté devient une force qui transcende sous nos yeux le handicap. A ce titre, la scène où Mama Kashinde, puis l’association tout entière, se mettent à chanter et danser, est un pur moment de grâce Le réalisateur leur donne l’occasion de s’exprimer sur une tragédie que lui aussi a vécue dans son enfance, et qui semble peu à peu tomber dans l’oubli avec les années. Il est parvenu à faire de ces témoignages pluriels une voix puissante, qui résonne par-delà des frontières, et par laquelle les Congolais peuvent enfin commencer à se réapproprier leur mémoire. » Maddalen Riou- A Voir/A Lire

 » La LDH soutient le film « En route pour le milliard » de Dieudo Hamadi Dans ce film magnifique, Dieudo Hamadi rend compte avec pudeur des souffrances et espoirs des membres de l’association et rend hommage à la « rage de vivre inaltérable » qui les anime. On ne pourra pas oublier le courage et la dignité de ces femmes et de ces hommes confrontés aux aléas d’une aventure humaine que le réalisateur transforme en épopée. 11/05/2021 »

En sélection officielle au Festival de Cannes en 2020, En route pour le milliard a obtenu le Grand Prix documentaire au Festival international du Film d’Amiens.



_ D’après le site CINEWAX

Sola, Modogo, Mama Kashinde, Papa Sylvain, Bozi, Mama Kawele, Gédéon, Vieux Jean, Mama Bahingi et Président Lemalema font partis de l’Association des victimes de la Guerre des Six Jours de Kisangani, à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Ces rescapés gardent chacun des séquelles de ce conflit : un bras, une jambe manque à la plupart d’entre eux. Depuis vingt ans, ils se battent pour faire vivre la mémoire de cette tragédie, occultée par le récit national, et pour exiger des réparations pour les préjudices physiques, matériels et moraux qu’ils ont subis. Excédés par l’indifférence des institutions à leur égard, en 2018, ils décident de se rendre à Kinshasa, la capitale, pour faire entendre leurs voix

En Route pour le milliard retrace leur incroyable épopée le long du fleuve Congo jusqu’à Kinshasa pour réclamer justice.

Du 2 août 1998 au 30 juin 2003, la seconde guerre civile fait rage en République démocratique du Congo. Elle est considérée comme la plus grande guerre interétatique de l’époque moderne mondiale et de l’histoire africaine. Après la chute de Mobutu, Laurent-Désiré Kabila accède à la tête du pays. Mais les factions rebelles s’opposent au pouvoir du nouveau chef d’État. Les rebelles se divisent en deux camps adversaires : le Mouvement de Libération du Congo et le Rassemblement Congolais pour la Démocratie. Durant cette période de conflits, le pays est coupé en deux : l’Ouest, contrôlé par l’armée loyaliste de Kabila, et l’Est la zone rebelle. Le président Kabila a le soutien de l’Angola, du Zimbabwe, de la Namibie, du Tchad, de la Libye et du Soudan. La zone rebelle est divisée en deux parties : le Nord-Est contrôlé par le Mouvement de Libération du Congo soutenu par l’armée ougandaise, et le Sud-Est tenu par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie allié au Rwanda.

Le 5 juin 2000, les deux forces armées ougandaise et rwandaise convergent vers la deuxième plus grande ville congolaise et cité-carrefour à l’Est du pays, Kisangani. Jusqu’au 10 juin, elles combattent dans un affrontement acharné et d’une grande violence pour contrôler Kisangani, place stratégique entourée de mines d’or et de diamant. Voilà ce que l’histoire a nommé la guerre des Six Jours, théâtre de massacres, pillages et viols, durant lequel 1 000 personnes furent assassinées et 3 000 autres blessées…

Dieudo Hamadi, lui-même originaire de Kisangani, a vécu la Guerre des Six Jours à l’âge de 15 ans. Ce passé enfoui resurgit dans ce documentaire sous la forme d’une aventure optimiste et joyeuse.

D’après l’article de Sidney Cadot-Sambosi – rédactrice Cinewax (site CINEWAX)

Les silences du palais

Alia, 25 ans, n’en peut plus de chanter dans les mariages. Après l’humiliation de ce énième gala, elle exprime le dégout de sa vie et une révolte sourde contre Lotfi, qui partageant sa vie depuis dix ans, refuse de l’épouser et une fois encore, qu’elle garder l’enfant qu’elle porte. L’annonce de la mort du prince Sid’Ali, un ex-Bey, la replonge brutalement dans son passé. A l’occasion des obsèques, elle retourne visiter le palais de son enfance et de son adolescence, où elle est née d’une mère servante et d’un père inconnu… qui pourrait être le prince. L’état du délabrement du palais, à l’image de Khalti Hadda, la vieille servante en chef devenue aveugle, accable Alia.
En déambulant dans les couloirs déserts, lui reviennent les images fascinantes et cruelles qui furent celle de son enfance…


« Seule une femme pouvait avoir ce regard si tendre et si vrai sur ses soeurs, qui se passe de tout discours pour faire sentir, physiquement, toute la cruauté de cette vie recluse et silencieuse. Les silences du palais est avant tout un film d’émotions, de sensations, qui passe par la présence si charnelle de ces femmes et par le flot de musique qui le guide. (…) Moufida TLATLI ne force pas le trait, ne dramatise jamais à outrance. Lucide, elle sait qu’hors des murs du palais et dans un pays désormais indépendant, la liberté d’Alia n’est pas encore acquise.»
Diagonal Magazine – Septembre 1994

« Il y a dans ce film délicat et têtu de quoi chambouler les sens. D’abord parce qu’on y voit l’invisible ; la vie de ces femmes mi-maîtresses, mi-esclaves, claquemurées pour la vie dans la solitude d’un palais arabe, celui des beys. Ensuite, parce que c’est précisément une femme qui filme cette histoire de femmes et que l’on sent bien que c’est à une part de sa propre histoire que la réalisatrice règle son compte.»
Libération – 17 septembre 1994

Les silences du palais a obtenu en 1994 une mention spéciale à la Caméra d’or à Cannes et a reçu le Tanit d’Or aux Journées Cinématographiques de Carthage.

Le Père de Nafi

Dans une petite ville du Sénégal, deux frères s’opposent à propos du mariage de leurs enfants. Deux visions du monde s’affrontent, l’une modérée, l’autre radicale. Les jeunes Nafi et Tokara rêvent, eux, de partir étudier à Dakar, la capitale, et de vivre avec leur époque. A la manière d’une tragédie, et alors que s’impose la menace extrémiste, les amoureux doivent trouver un chemin pour s’émanciper des conflits des adultes.


« Ecrit comme un conte social, Le Père de Nafi théâtralise la scène de l’horreur humaine. Le réalisateur prend le risque de dénoncer le dictat religieux, la manipulation des extrémismes religieux, les mensonges que les islamistes adossent à la beauté de la religion. Pendant tout le film, on tremble pour le courage de ce cinéaste qui prend le soin d’agrémenter son récit de paysages superbes, de visages lumineux, comme si l’esthétisme du cinéma était la seule nécessité pour échapper à la tyrannie de l’obscurantisme. » Laurent Cambon Avoir/Alire

« Le plus étonnant, c’est le rythme. Tout est doux, soyeux, sous-tendu par une fureur latente. La lumière du désert nappe ces rues de terre battue, ces visages inquiets, ces gestes venus du fond des âges. Naissance d’un grand cinéma, porté par un feu qui couve au coeur de l’Afrique mère. » Luc Chessel – Libération.

« Il y a du western dans ce film à la photo superbe. Pour le paysage, les étendues terreuses ocrées, le fleuve et la petite ville isolée où arrivent les Méchants, pour les couleurs vives des robes des femmes qui siéraient si bien au Technicolor. Il y a aussi du tragique, voire du biblique. Pour la lutte fratricide entre celui qui est parti et celui qui est resté. Toutefois la stylisation n’exclut en rien l’ancrage dans la réalité quotidienne sénégalaise, la mise en perspective historique et idéologique, et la complexité des personnages dont les déchirements intimes se lisent en filigrane dans leurs silences .» Elise Padovani Mars 2021

« Le père de Nafi a reçu le prix du meilleur premier long métrage et le Léopard d’or de la section Cinéastes du présent au festival de Locarno . Il a remporté le Prix Découverte au Festival de Namur en 2020.