{"id":2963,"date":"2021-03-08T12:47:46","date_gmt":"2021-03-08T11:47:46","guid":{"rendered":"https:\/\/visionsdafrique.fr\/2024\/?post_type=actualites&#038;p=2963"},"modified":"2021-03-15T10:23:38","modified_gmt":"2021-03-15T09:23:38","slug":"la-chronique-de-xavier","status":"publish","type":"actualites","link":"https:\/\/visionsdafrique.fr\/2024\/actualites\/la-chronique-de-xavier\/","title":{"rendered":"La chronique de Xavier"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Visions d&rsquo;Afrique 2020, une oasis dans cette ann\u00e9e \u00ab\u00a0probl\u00e9matique\u00a0\u00bb.<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Comme chaque ann\u00e9e depuis 10 ans, il fallait \u00eatre \u00e0 Ol\u00e9ron juste avant les vacances d&rsquo;automne. Encore une fois, le beau temps, la qualit\u00e9 des hu\u00eetres et du colombard n&rsquo;avaient en fait pas grand chose \u00e0 y voir, mais bien plus cette ambiance si chaleureuse que G\u00e9rard La Cognata et sa bande ont su cr\u00e9er \u00e0 Visions d&rsquo;Afrique, et qui ne faiblit ni avec le temps qui passe, ni avec les circonstances peu propices, bien au contraire.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La pand\u00e9mie avait bien essay\u00e9 de g\u00e2cher la f\u00eate et a emp\u00each\u00e9 les r\u00e9alisateurs Dani Kouyat\u00e9 et Dieudo Hamadi de nous rejoindre. Mais elle n&rsquo;a pas d\u00e9courag\u00e9 les festivaliers, au moins aussi nombreux que les autres ann\u00e9es : quelques jours avant que le d\u00e9bat sur \u00ab\u00a0l&rsquo;essentiel\u00a0\u00bb ne d\u00e9chire les (beaux) parleurs, la crainte d&rsquo;un nouveau confinement nous a tous pouss\u00e9s vers les salles obscures. L&rsquo;occasion offerte par Visions d&rsquo;Afrique \u00e9tait trop belle.<\/p>\n\n\n\n<p>La programmation \u00e9tait parfaitement r\u00e9ussie, avec 19 films projet\u00e9s en salle, et un m\u00e9lange des genres particuli\u00e8rement riche : cinq (un record !) documentaires, trois \u00ab\u00a0classiques du cin\u00e9ma\u00a0\u00bb, un polar, trois thrillers, trois films historiques, cinq films de soci\u00e9t\u00e9, deux joyeuses com\u00e9dies, sept drames et un conte philosophique\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Bien plus, ces films, dans leur diversit\u00e9, nous ont montr\u00e9 que nous avions encore beaucoup \u00e0 apprendre sur l&rsquo;Afrique, sur l&rsquo;histoire r\u00e9cente de la Namibie (La Ligne Blanche), sur celle de l&rsquo;\u00c9thiopie (le Figuier), sur la culture soufi dans certaines r\u00e9gions du Soudan (Tu mourras \u00e0 vingt ans), et sur les akas de la foret du bassin Congo (Makongo).<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux spectateurs ont choisi de revoir \u00e0 Ol\u00e9ron des films qu&rsquo;ils avaient d\u00e9j\u00e0 vu : deux films de Dani Kouyat\u00e9 projet\u00e9s \u00e0 Visions d&rsquo;Afrique en 2015 et 2017 (Soleils, le superbe Tant qu&rsquo;on vit), et Camille de Boris Lojkine, qui a eu un bel accueil commercial en 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi leurs \u00ab\u00a0d\u00e9couvertes\u00a0\u00bb, le film pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des festivaliers <em>(1)<\/em> est \u00ab\u00a0Makongo\u00a0\u00bb, un documentaire centrafricain de Elvis Sabin Nga\u00efbino qui nous emm\u00e8ne \u00e0 la suite de deux pygm\u00e9es akas : visite de campements pygm\u00e9es, alphab\u00e9tisation, r\u00e9colte de chenilles, premier contact avec la \u00ab\u00a0grande ville\u00a0\u00bb. Troublant, digne et riche. Un monde dont on per\u00e7oit toutes les fragilit\u00e9s. Merci \u00e0 Boris Lojkine de nous avoir pr\u00e9sent\u00e9 ce film.<\/p>\n\n\n\n<p>Vient ensuite une com\u00e9die dramatique, Myopia, de Sanaa Akroud, qui nous emm\u00e8ne dans les pas de Fatem, depuis son village perdu en montagne jusqu&rsquo;\u00e0 la \u00ab\u00a0grande ville\u00a0\u00bb. Elle doit y faire r\u00e9parer les lunettes de l&rsquo;Imam pour qu&rsquo;il puisse continuer \u00e0 lire aux femmes du village, toutes analphab\u00e8tes, les lettres de leurs maris, partis loin chercher du travail. Plein de po\u00e9sie, un personnage magnifique, un message fort sur les clivages n\u00e9s de \u00ab\u00a0d\u00e9serts\u00a0\u00bb m\u00e9dicaux et \u00e9ducatifs\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Troisi\u00e8me laur\u00e9at, un documentaire qui frise la com\u00e9die : \u00ab\u00a0143 rue du d\u00e9sert\u00a0\u00bb de Hassen Ferhani : la chaleureuse Malika nous accueille dans son pauvre restaurant pos\u00e9 en plein d\u00e9sert alg\u00e9rien au carrefour des N1 et N51, \u00e0 350 kms au sud de Gharda\u00efa ; elle joue avec la cam\u00e9ra, sans la regarder, nous raconte toutes les petites histoires de ses habitu\u00e9s, qui font sa propre histoire. Dr\u00f4le, plein de charme mais aussi de nostalgie : m\u00eame l\u00e0, le \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb poursuit son \u0153uvre destructrice mena\u00e7ant le restaurant\u2026<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les festivaliers ont \u00e9galement \u00ab\u00a0nomin\u00e9s\u00a0\u00bb ex aequo quatre films :<\/h3>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>le souriant Supa modo de Likarion Wainaina, une jolie fable k\u00e9nyane sur la magie du cin\u00e9ma,<\/li><li>le nostalgique et fac\u00e9tieux Talking about trees de Suhaib Gasmelbari, un \u00ab\u00a0Buena Vista Social Club\u00a0\u00bb cin\u00e9matographique et soudanais,<\/li><li>le drame social et historique \u00ab\u00a0La ligne blanche\u00a0\u00bb de D\u00e9sir\u00e9e Kahikopo, une<br>trag\u00e9die tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale sur des amours interdits aux pr\u00e9mices de la lutte<br>antiapartheid en Namibie,<\/li><li>le tr\u00e8s lumineux Tant qu&rsquo;on vit o\u00f9 Dani Kouyat\u00e9 \u00e9voque le m\u00e9tissage culturel.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Juste derri\u00e8re dans le choix des festivaliers, vient le \u00ab\u00a0classique du cin\u00e9ma\u00a0\u00bb, Ke\u00efta !<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;h\u00e9ritage du griot o\u00f9 le m\u00eame Dani Kouyat\u00e9 fait le pont entre la tradition des griots et la vie moderne.<\/p>\n\n\n\n<p>En l&rsquo;absence de Dani Kouyat\u00e9, Binda Ngazolo son acteur principal de Soleils, a eu avec le public un dialogue \u00e0 la fois po\u00e9tique et philosophique. Sa belle \u00ab\u00a0pr\u00e9sence p\u0125ysique\u00a0\u00bb fr\u00f4lait l&rsquo;art lyrique et il a convaincu plus d&rsquo;un \u00e0 la charte du Mand\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Visions d&rsquo;Afrique, c&rsquo;est aussi de la litt\u00e9rature. Cette ann\u00e9e, nous avons pu y rencontrer le camerounais Christian Epanya auteur de BD et illustrateur, avec notamment ses \u00e9ternels taxis-brousse, et Sofia Aouine ancienne journaliste et auteur du joli \u00ab\u00a0Rhapsodie des oubli\u00e9s\u00a0\u00bb qui raconte comment Barb\u00e8s \u00ab\u00a0nous entasse les uns sur les autres comme dans un grand bain d\u2019amour mais personne ne se parle\u00a0\u00bb. \u00c9changes riches dont, malheureusement trop peu d&rsquo;entre nous ont pu b\u00e9n\u00e9ficier. L&rsquo;organisation de rencontres litt\u00e9raires \u00e0 l&rsquo;Eldorado \u00e0 une heure \u00ab\u00a0de grande audience\u00a0\u00bb serait certainement un plus\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 le-a Covid et le confinement, Visions d&rsquo;Afrique 2020 aura \u00e9t\u00e9 un excellent cru, dont nous aurons bien profit\u00e9, une r\u00e9cr\u00e9ation dans cette annus horribilis.<\/p>\n\n\n\n<p>Je crois que tout le monde va bien maintenant ; tout est donc presque pour le mieux dans le moins pire des mondes.<\/p>\n\n\n\n<p>Que soient lou\u00e9s et remerci\u00e9s les artisans de notre culture et de notre joie retrouv\u00e9e chaque ann\u00e9e, G\u00e9rard La Cognata au premier chef, l\u2019association LOCAL qui g\u00e8re les salles de St Pierre d\u2019Ol\u00e9ron et de Marennes o\u00f9 nous sommes si bien accueillis, Bernard Magnier qui organise et excelle dans l&rsquo;animation des rencontres litt\u00e9raires, Catherine Ruelle et Thierno Ibrahima Dia qui se sont relay\u00e9s pour animer les d\u00e9bats sur les films, mais aussi \u00e0 tous les festivaliers qui cultivent avec soin le plaisir \u00e0 retrouver d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vivement l&rsquo;automne 2021, et la 12\u00e8me \u00e9dition de Visions d&rsquo;Afrique.<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em><strong>Xavier Blanchard 15\/12\/2020<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>3 LES CHOIX DES FESTIVALIERS 2020<br><\/strong>L&rsquo;enqu\u00eate organis\u00e9e au cours de la 11\u00b0 \u00e9dition par Xavier Blanchard n&rsquo;a<br>touch\u00e9e qu&rsquo;un nombre limit\u00e9 de spectateurs (on fera mieux en 2021 ..).<br>Elle fournit cependant des indications interessantes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les 7 films pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s<br><\/strong>1 ) \u00ab\u00a0Makongo\u00a0\u00bb<br>2) \u00ab\u00a0Myopia\u00a0\u00bb<br>3) \u00ab\u00a0143 rue du d\u00e9sert\u00a0\u00bb<br>4) \u00ab\u00a0Supa Modo\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Talking about trees\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Tant qu&rsquo;on vit\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0La ligne Blanche\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les autres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>8) \u00ab\u00a0Ke\u00efta\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Un fils\u00a0\u00bb<br>10) \u00ab\u00a0Ouaga saga\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le figuier\u00a0\u00bb<br>12) \u00ab\u00a0Camille\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Soleils\u00a0\u00bb<br>14) \u00ab\u00a0Atalaku\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le choix d&rsquo;Ali\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Sia, le r\u00eave du python\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Tu mourras \u00e0 vingt ans\u00a0\u00bb<br>18) \u00ab\u00a0Abou Leila\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Kinshasa Makambo\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><em>(1) Selon le sondage \u00ab\u00a0papier\u00a0\u00bb accessible aux festivaliers \u00e0 la sortie des salles<br>(2) \u00ab\u00a0Tant qu&rsquo;on vit\u00a0\u00bb avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Visions d&rsquo;Afrique en 2017<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme chaque ann\u00e9e depuis 10 ans, il fallait \u00eatre \u00e0 Ol\u00e9ron juste avant les vacances d&rsquo;automne. 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