Paulin Soumanou Vieyra

Paulin Soumanou Vieyra est né en 1925 à Porto-Novo au Dahomey (actuel Bénin).

Il part très jeune pour la France, en 1935, pour ses études qui sont interrompues par la guerre. Il est alors recueilli par la famille d’un camarade et participe à la résistance. Il revient au Dahomey en 1950 puis repart en France pour faire des études d’ingénieur qu’il ne pourra mener à bien pour des raisons de santé.
Il rencontre le monde du cinéma en faisant de la figuration et intègre en 1952 l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques, ancêtre de l’actuelle FEMIS ) dont il est le premier étudiant d’Afrique Noire. Son court métrage de sortie « C’était il y a quatre ans » est
remarqué et suscite une polémique. Il constitue avec quelques camarades, Mamadou Sarr, Robert Caristan et Jacques Melo Kane, le « Groupe africain du cinéma » (1952) qui va réaliser, en 1955, le premier film réalisé par des cinéastes d’Afrique Noire, « Afrique-sur-Seine », « sous le patronage du comité du film ethnographique du Musée de l’Homme ».

Rentré au Sénégal (il aura désormais la nationalté sénégalaise), il intègre le Ministère de l’Information et y assurera , pendant plus de 15 ans, la direction des Actualités Sénéglaises, accompagnant le Président Senghor dans tous ses voyages.
Durant cette période, il réalise de nombreux documentaires (plus d’une trentaine) et, en 1981, son seul long métrage « En résidence surveillée ».

Photo : Cathy Chamorey

En 1963, son documentaire sur la lutte sénégalaise est le premier film « africain » sélectionné au festival de Cannes.
En 1969, il est l’un des créateurs de la FEPACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes).
À la même époque, il apporte un concours actif aux premiers cinéastes africains, notamment à Sembene Ousmane, pour la réalisation du premier film tourné en Afrique subsaharienne, « Borom Sarret » en 1963.
Il produira plusieurs de ses longs métrages et apportera son appui à un jeune cinéaste débutant de Guinée-Bissau , Flora Gomes.

Premier historien et critique de cinéma d’Afrique Noire, il soutient en 1982 une thèse à Paris 1 , sous la direction de Jean Rouch, et publie plusieurs ouvrages sur le cinéma africain, notamment en 1972 une biographie consacrée à Sembene Ousmane et en 1973, le premier ouvrage sur l’histoire du cinéma africain « Le cinéma africain des origines à 1973 » (Présence Africaine).

Paulin Vieyra en compagnie de Sembene Ousmane
(P. Vieyra est à la gauche de S Ousmane qui fume la pipe)

Filmographie

1982 – Iba N’diaye
1981 – Birago Diop- En résidence surveillée (LM)-Les oiseaux
1976 – L’habitat rural au Sénégal / L’habitat urbain au Sénégal
1974 – Ecrit de Dakar / L’art plastique
1967 – Au Marché / La bicyclette / Le gâteau / Le rendez-vous
1966 – Le Sénégal au festival des arts nègres / Môl
1965 – N’diongane
1964 – Avec l’ensemble national / Ecritdu Caire / Sindiely / Voyage du Président Senghor au Brésil
1963 – Lamb (sélectioné à Cannes) / Voyage du Président Senghor en Itaklie / Voyage présidentiel en URSS
1961 – Une nation est née
1960 – Indépendance du Cameroun,Togo, Congo, Madagascar
1959 – Les présidents Senghor et Modibo Keita / Avec les Africaines à Vienne / Présence Africaine à Rome
1958 – Le Niger Aujourd’hui
1957 – L’Afrique à Moscou
1955 – Afrique sur Seine
1954 – C’était il y a quatre ans

Idrissa Ouédraogo

Photo : Odile Motelet

Idrissa Ouédraogo est un réalisateur burkinabè, né le 21 janvier 1954 à Banfora.
Après des études d’anglais, Idrissa Ouedraogo entre en 1977 à l’Institut africain d’éducation cinématographique (Inafec). Diplômé, il fait un séjour à kiev , puis poursuit son apprentissage en France, à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) en 1982, et à la Sorbonne, où il obtient un DEA de cinéma.

Il se lancé tôt, dès 1981, dans la réalisation de plusieurs courts métrages, qu’il qualifie de « documentaires fictionnalisés » sur des sujets concrets : Poko (1981), Pourquoi ? (1981), Les Ecuelles (1983), Les Funérailles du Larle Naba (1984), Issa le tisserand (1984), Ouagadougou, Ouaga deux roues (1985), Tenga(1986). Poko, son premier court métrage, film de fin d’études à l’Inafec remporte le Prix du court métrage au Fespaco – festival panafricain de cinéma – de 1981 .

En 1986, il réalise son premier long métrage de fiction : Yam Daabo (Le Choix) qui raconte l’exode d’une famille de paysans chassé par la sècheresse. Sélectionné au Fespaco en 1986, le film est également invité à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 1987.
Le choix , comme les films suivants, est tourné sur les lieux de son enfance, dans le même décor sahélien, par un réalisateur très attaché à ses racines. C’est dans ce cadre que se déroulent les trois films suivants, Yaaba (« Grand-mère ») en 1989), Tilaï (La Loi) en 1990 et Karim et Sala en 1991. Ils vont définitivement asseoir la renommée internationale du réalisateur burkinabé .Le premier est sélectionné à Cannes à la
Quinzaine des réalisateurs en 1989 et reçoit le prix de la critique internationale. Le second « Tilaï » a obtenu le Grand prix du jury au Festival de Cannes en 1990 et, en 1991, le Grand prix du Fespaco.

Il crée alors sa propre société de production, “Les Films de la Plaine”.
C’est par ce biais qu’il réalise en 1992 Samba Traoré qui reçoit un ours d’argent à Berlin en 1993. Le film annonce un tournant dans l’œuvre du réalisateur burkinabé. Il va désormais mettre en scène des histoires plus complexes de manière plus dynamique et il va accorder une grande d’attention aux aspects techniques de la réalisation.

Ce sera le cas dans les trois longs métrages tournés ente 1994 et 2003, Le cri du coeur(1994), Kini et Adams, sélectionné pour la compétition officielle à Cannes en 1997, et la Colère des dieux (2003).
Idrissa Ouédraogo a aussi beaucoup produit pour la télévision, en France (son téléfilm, Afrique, mon Afriquea été diffusé en 1994 sur Arte) et au Burkina : il a réalisé plusieurs films et plusieurs séries, notamment Kadie Jolie en 1999, Le monde à l’endroit en 2000 et Trois hommes, un village en 2005 qui ont eu un grand succès public. Ajoutons qu’en 1991 il a mis en scène, à la Comédie Française, La Tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire.

Idrissa Ouédraogo nous a quitté en février 2018.


Filmographie

Longs métrages

1986 – Yam Daabo (Le choix)
1989 – Yaaba (Grand-mère)
1990 – Tilaï (La loi)
1991 – A Karim Na Sala (Karim et Sala)
1992 – Samba Traoré
1994 – Le Cri du cœur
1997 – Kini et Adams
2000 – Le Monde à l’Endroit (TV)
2003 – La Colère des Dieux
2006 – Kato, Kato

Principaux courts métrages et documentaires

1981 – Poko
1981 – Pourquoi?
1983 – Les écuelles, documentaire
1983 – Les Funérailles du Larle Naba, documentaire
1984 – Issa le Tisserand, docu-fiction
1985 – Ouagadougou, Ouaga deux roues, documentaire
1986 – Tenga
1991 – Obi
1994 – Afrique, mon Afrique (TV)
1994 – Gorki
1996 – Samba et Leuk le lièvre avec Jean-Louis Bompoint, animation
1997 – scénarios du sahel: Pour une fois, La boutique, Le gros et le maigre, Le guerrier
2000 – scénarios du sahel: Conseils d’une tante
2001 – Le marché du deux roues au Burkina
2002 – film collectif « 11’09″01 – September 11 »
2008 – L’anniversaire