Abu Bakr Shawky

Abu Bakr Shawky est né au Caire et est âgé de 32 ans.
Après des études en Egypte, il poursuit ses études supérieures aux USA , à New York.
Il est diplômé d’un Master of Fine Arts de la New York University Tisch School of the Arts en 2016. Il s’essaie à la réalisation et produit plusieurs courts métrages documentaires ou de fiction entre 2008 et 2015 dont , en 2008, un documentaire « The Colony », sur une léproserie dont il s’inspirera pour « Yommedine », son premier long métrage en 2018.

Il s’essaie par ailleurs à la réalisation pour la publicité et se lance tôt dans le milieu de la production en fondant la société Desert Highway Pictures, dont il est le directeur artistique. C’est cette société qui produira en 2018, son premier long-métrage, « Yomeddine », dont il est à la fois le réalisateur, le scénariste et le producteur,

Ce film a fait partie de la Sélection Officielle du Festival de Cannes en 2018 et a reçu, en mai 2018, le Prix François Chalais, en marge du Festival.


Filmographie

2018 – Yomeddine (LM)
2012 – Things I heard on Wednesdays (CM)
2011 – Martyr Friday (CM)
2010 – The Road to Atalia
2009 – The Return (CM – film de fin d’études à l’Institut du Caire)
2008 – The Colony (CM)

João Viana

João Viana est né en 1966 en Angola de parents portugais.
Entre 1988 et 1994, il a obtenu une licence en droit à Coimbra et a étudié le cinéma à Porto. Il a travaillé dans la production, la réalisation et comme scénariste.

En 2007, il a écrit Olhos Vermelhos (Les Yeux Rouges) pour Paulo Rocha.
Il a travaillé avec les plus importants cinéastes portugais comme José Alvaro, César Monteiro et Manoel de Oliviera mais aussi avec des cinéastes français, allemands et belges.
Il a été un des auteurs du Dictionnaire du Cinéma Ibéro-américain (2005-2007) en 10 volumes, édité par la SGAE (Société Générale des Auteurs et Editeurs, Madrid) et coordonné par le Dr Bénard da Costa de la Cinémathèque Portugaise.

Il s’est lancé dans la réalisation en 2004 en réalisant plusieurs courts métrages dont « La Piscine » présenté en compétition au Festival de Venise, qui a été le court-métrage portugais de fiction le plus récompensé.

« La Bataille de Tabato », réalisé en 2013, a été son premier long métrage. Il a été désigné comme le meilleur film africain au Festival du cinéma africain, d’Asie et d’Amérique latine de Milan en 2013.

« Notre folie », son second long métrage, est sorti en 2017 et a été sélectionné à la Berlinale en 2018 (section Forum).


Filmographie

2018 – Notre Folie
2013 – La Bataille de Tabato
2010 – Alfama (CM)
2004 – La Piscine (CM)

Ousmane Sembène

Ousmane Sembène est né en janvier 1923 en Casamance, dans le sud du Sénégal, dans une famille de pêcheurs. À partir de 7 ans, il fréquente l’école coranique et l’école française, apprenant à la fois le français et l’arabe, alors que sa langue maternelle est le wolof. Exclu de l’école, l’adolescent débarque à Dakar et suit de nombreuses formations avant d’être mobilisé en 1942 comme tirailleur « sénégalais ». il participe à la guerre au Niger, au Tchad, en Afrique du Nord et en Allemagne, puis revient au Sénégal lorsque la guerre est terminée.

En 1948, a 25 ans, sans travail et pratiquement sans instruction, il s’embarque clandestinement pour Marseille où il vit de différents petits travaux. Docker sur le port de Marseille pendant dix ans, il adhère à la CGT et au parti communiste et milite contre la guerre en Indochine et pour l’indépendance de l’Algérie.

Il se lance dans le roman après avoir rencontré des écrivains de passage à Paris pour le premier Congrès des écrivains et artistes noirs.Il publie son premier roman « Le docker noir » (1956), puis « Ô pays, mon beau peuple’’ (1957) et en 1960. « Les Bouts de bois de Dieu » qui raconte l’histoire de la grève des cheminots de 1947-1948. En 1960, l’année de l’indépendance du Soudan (Mali) et du Sénégal, il rentre au Sénégal et voyage en Afrique.Il poursuit son oeuvre littéraire en publiant en 1962 « Voltaïque », en 1964 ,« L’Harmattan » et, en 1965, « Le Mandat ».

Conscient toutefois que « l’image est plus accessible que les livres » dans une Afrique marquée par l’analphabétisme, il commence à s’intéresser au cinéma et, à 38 ans, part à Paris avec l’intention de s’inscrire dans une école de cinéma. Mais, grâce à une bourse, il suit les cours du Studio Gorki à Moscou.

De retour au Sénégal, il s’immerge dans les quartiers populaires et en 1963 réalise son premier court métrage : « Borom Sarrett » , le premier film d’ un cinéaste d’Afrique Noire tourné en Afrique.L’année suivante, son deuxième court métrage, « Niaye », est primé au Festival de Locarno.

1966 marque l’émergence de Sembène Ousmane sur le plan international avec la sortie de son premier long métrage (le premier long métrage réalisé par un « africain ») « La Noire de… », histoire d’une jeune Sénégalaise venue en France avec ses patrons blancs et qui ne supporte pas les humiliations, le paternalisme et l’exil. Elle se suicide, préférant la mort à l’esclavage. Ce film obtient le Prix Jean Vigo, le « Tanit d’or » aux Journées cinématographiques de Carthage (1966), le prix du meilleur réalisateur africain au Festival mondial des Arts nègres tenu la même année à Dakar.

Deux ans plus tard « Le Mandat », vive critique de la nouvelle bourgeoisie sénégalaise, est couronné par le prix de la critique internationale au Festival de Venise.
Les années 1970-1990 vont être très fécondes, avec la réalisation de 5 longs métrages aux sujets divers mais toujours orientés par la volonté de dénoncer les injustices et de mettre en évidence la nécessité de développer l’Afrique à partir de ses propres valeurs. Ce cinéma « engagé » heurte parfois les autorités.
« Emitai » (1971) et « Camp de Thiaroye » (1988) dénoncent les pratiques coloniales : ce dernier
film qui raconte un épisode douloureux du retour des tirailleurs au Sénégal reçoit le prix spécial du
Jury du Festival de Venise mais est interdit en France. « Ceddo » relate la lutte d’une communauté contre l’avancée de l’Islam au 17° siècle et est interdit au Sénégal. « Xala »( 1974) est un réquisitoire contre l’attitude d’une bourgeoisie noire devenue
corrompue, arrogante et sans scrupules.

A la fin des années 90, le cinéaste s’engage dans la réalisation d’une trilogie sur ce qu’il appelait ’’l’héroïsme au quotidien’’ dont il ne réalisera que les deux premiers volets « Faat Kiné » (2000), le premier de la série est l’histoire d’une femme qui gère seule sa famille. Le deuxième, « Moolaadé », aborde le thème de l’excision. « Moolaadé » est un grand succès : il reçoit le prix du meilleur film étranger décerné par la critique américaine et le prix Un Certain Regard à Cannes en 2004. Sembene Ousmane est décédé en 2007.


Filmographie

Courts métrages

1970 – Taaw
1964 – Niaye
1963 – L’Empire Songhai (Doc)
1963 – Borrom Sarret

Longs métrages

2003 – Moolaadé
2000 – Faat Kiné
1992 – Guelwaar
1987 – Camp de Thiaroye
1977 – Ceddo
1974 – Xala
1971 – Emitai (Dieu du tonnerre)
1968 – Le Mandat (Mandabi)
1966 – La Noire de …

Romans

1973 – Xala
1966 – Vehi-Ciosane, ou, Blanche-Genèse
1965 – Le Mandat
1964 – L’Harmattan
1962 – Voltaïque
1960 – Les bouts de bois de Dieu
1957 – Ô pays, mon beau peuple
1956 – Le Docker noir

Paulin Soumanou Vieyra

Paulin Soumanou Vieyra est né en 1925 à Porto-Novo au Dahomey (actuel Bénin).

Il part très jeune pour la France, en 1935, pour ses études qui sont interrompues par la guerre. Il est alors recueilli par la famille d’un camarade et participe à la résistance. Il revient au Dahomey en 1950 puis repart en France pour faire des études d’ingénieur qu’il ne pourra mener à bien pour des raisons de santé.
Il rencontre le monde du cinéma en faisant de la figuration et intègre en 1952 l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques, ancêtre de l’actuelle FEMIS ) dont il est le premier étudiant d’Afrique Noire. Son court métrage de sortie « C’était il y a quatre ans » est
remarqué et suscite une polémique. Il constitue avec quelques camarades, Mamadou Sarr, Robert Caristan et Jacques Melo Kane, le « Groupe africain du cinéma » (1952) qui va réaliser, en 1955, le premier film réalisé par des cinéastes d’Afrique Noire, « Afrique-sur-Seine », « sous le patronage du comité du film ethnographique du Musée de l’Homme ».

Rentré au Sénégal (il aura désormais la nationalté sénégalaise), il intègre le Ministère de l’Information et y assurera , pendant plus de 15 ans, la direction des Actualités Sénéglaises, accompagnant le Président Senghor dans tous ses voyages.
Durant cette période, il réalise de nombreux documentaires (plus d’une trentaine) et, en 1981, son seul long métrage « En résidence surveillée ».

Photo : Cathy Chamorey

En 1963, son documentaire sur la lutte sénégalaise est le premier film « africain » sélectionné au festival de Cannes.
En 1969, il est l’un des créateurs de la FEPACI (Fédération Panafricaine des Cinéastes).
À la même époque, il apporte un concours actif aux premiers cinéastes africains, notamment à Sembene Ousmane, pour la réalisation du premier film tourné en Afrique subsaharienne, « Borom Sarret » en 1963.
Il produira plusieurs de ses longs métrages et apportera son appui à un jeune cinéaste débutant de Guinée-Bissau , Flora Gomes.

Premier historien et critique de cinéma d’Afrique Noire, il soutient en 1982 une thèse à Paris 1 , sous la direction de Jean Rouch, et publie plusieurs ouvrages sur le cinéma africain, notamment en 1972 une biographie consacrée à Sembene Ousmane et en 1973, le premier ouvrage sur l’histoire du cinéma africain « Le cinéma africain des origines à 1973 » (Présence Africaine).

Paulin Vieyra en compagnie de Sembene Ousmane
(P. Vieyra est à la gauche de S Ousmane qui fume la pipe)

Filmographie

1982 – Iba N’diaye
1981 – Birago Diop- En résidence surveillée (LM)-Les oiseaux
1976 – L’habitat rural au Sénégal / L’habitat urbain au Sénégal
1974 – Ecrit de Dakar / L’art plastique
1967 – Au Marché / La bicyclette / Le gâteau / Le rendez-vous
1966 – Le Sénégal au festival des arts nègres / Môl
1965 – N’diongane
1964 – Avec l’ensemble national / Ecritdu Caire / Sindiely / Voyage du Président Senghor au Brésil
1963 – Lamb (sélectioné à Cannes) / Voyage du Président Senghor en Itaklie / Voyage présidentiel en URSS
1961 – Une nation est née
1960 – Indépendance du Cameroun,Togo, Congo, Madagascar
1959 – Les présidents Senghor et Modibo Keita / Avec les Africaines à Vienne / Présence Africaine à Rome
1958 – Le Niger Aujourd’hui
1957 – L’Afrique à Moscou
1955 – Afrique sur Seine
1954 – C’était il y a quatre ans

Idrissa Ouédraogo

Photo : Odile Motelet

Idrissa Ouédraogo est un réalisateur burkinabè, né le 21 janvier 1954 à Banfora.
Après des études d’anglais, Idrissa Ouedraogo entre en 1977 à l’Institut africain d’éducation cinématographique (Inafec). Diplômé, il fait un séjour à kiev , puis poursuit son apprentissage en France, à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) en 1982, et à la Sorbonne, où il obtient un DEA de cinéma.

Il se lancé tôt, dès 1981, dans la réalisation de plusieurs courts métrages, qu’il qualifie de « documentaires fictionnalisés » sur des sujets concrets : Poko (1981), Pourquoi ? (1981), Les Ecuelles (1983), Les Funérailles du Larle Naba (1984), Issa le tisserand (1984), Ouagadougou, Ouaga deux roues (1985), Tenga(1986). Poko, son premier court métrage, film de fin d’études à l’Inafec remporte le Prix du court métrage au Fespaco – festival panafricain de cinéma – de 1981 .

En 1986, il réalise son premier long métrage de fiction : Yam Daabo (Le Choix) qui raconte l’exode d’une famille de paysans chassé par la sècheresse. Sélectionné au Fespaco en 1986, le film est également invité à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 1987.
Le choix , comme les films suivants, est tourné sur les lieux de son enfance, dans le même décor sahélien, par un réalisateur très attaché à ses racines. C’est dans ce cadre que se déroulent les trois films suivants, Yaaba (« Grand-mère ») en 1989), Tilaï (La Loi) en 1990 et Karim et Sala en 1991. Ils vont définitivement asseoir la renommée internationale du réalisateur burkinabé .Le premier est sélectionné à Cannes à la
Quinzaine des réalisateurs en 1989 et reçoit le prix de la critique internationale. Le second « Tilaï » a obtenu le Grand prix du jury au Festival de Cannes en 1990 et, en 1991, le Grand prix du Fespaco.

Il crée alors sa propre société de production, “Les Films de la Plaine”.
C’est par ce biais qu’il réalise en 1992 Samba Traoré qui reçoit un ours d’argent à Berlin en 1993. Le film annonce un tournant dans l’œuvre du réalisateur burkinabé. Il va désormais mettre en scène des histoires plus complexes de manière plus dynamique et il va accorder une grande d’attention aux aspects techniques de la réalisation.

Ce sera le cas dans les trois longs métrages tournés ente 1994 et 2003, Le cri du coeur(1994), Kini et Adams, sélectionné pour la compétition officielle à Cannes en 1997, et la Colère des dieux (2003).
Idrissa Ouédraogo a aussi beaucoup produit pour la télévision, en France (son téléfilm, Afrique, mon Afriquea été diffusé en 1994 sur Arte) et au Burkina : il a réalisé plusieurs films et plusieurs séries, notamment Kadie Jolie en 1999, Le monde à l’endroit en 2000 et Trois hommes, un village en 2005 qui ont eu un grand succès public. Ajoutons qu’en 1991 il a mis en scène, à la Comédie Française, La Tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire.

Idrissa Ouédraogo nous a quitté en février 2018.


Filmographie

Longs métrages

1986 – Yam Daabo (Le choix)
1989 – Yaaba (Grand-mère)
1990 – Tilaï (La loi)
1991 – A Karim Na Sala (Karim et Sala)
1992 – Samba Traoré
1994 – Le Cri du cœur
1997 – Kini et Adams
2000 – Le Monde à l’Endroit (TV)
2003 – La Colère des Dieux
2006 – Kato, Kato

Principaux courts métrages et documentaires

1981 – Poko
1981 – Pourquoi?
1983 – Les écuelles, documentaire
1983 – Les Funérailles du Larle Naba, documentaire
1984 – Issa le Tisserand, docu-fiction
1985 – Ouagadougou, Ouaga deux roues, documentaire
1986 – Tenga
1991 – Obi
1994 – Afrique, mon Afrique (TV)
1994 – Gorki
1996 – Samba et Leuk le lièvre avec Jean-Louis Bompoint, animation
1997 – scénarios du sahel: Pour une fois, La boutique, Le gros et le maigre, Le guerrier
2000 – scénarios du sahel: Conseils d’une tante
2001 – Le marché du deux roues au Burkina
2002 – film collectif « 11’09″01 – September 11 »
2008 – L’anniversaire

Faouzi Bensaïdi

Né à Meknès, au Maroc, le 14 mars 1967. Il fait ses études à l’Institut d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC) de Rabat, puis s’installe en 1995 à Paris où il suivra une formation d’acteur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique.

Il mène une active carrière de comédien aussi bien au théâtre qu’au cinéma, notamment dans les films de Daoud Aoulad Syad (Cheval de vent en 2001) et de Nabil Ayouch (Mektoub en 1997).

Il a tourné récemment dans « Dheepan »(2015) de Jacques Audiard, « Sofia » de Meryem Benmbarek (2018), « Les Bienheureux » de Sofia Djama (2017) et dans son dernier film « Volubilis » (2017).
En 1999 il coécrit le scénario de « Loin », le film d’André Téchiné dont il est l’un des interprètes. Il se fait connaître, et apprécié, au cinéma par la réalisation, à partir de 1998, de trois courts métrages remarqués.

Son premier long métrage « Mille mois » est sorti en 2003 et a été doublement primé au festival du Cinéma de Cannes avec le prix « Premier regard » et celui du Ministère français de la jeunesse. Le film a été distribué dans une dizaine de pays.
« Mort à vendre », son 3° long métrage (2011), est sorti dans les salles en France en Août 2013 et a représenté le cinéma marocain aux Oscars en 2013.

Son dernier long métrage « Volubilis »(2017) a obtenu le Grand prix du festival national marocain et le tanit de bronze à Carthagre en 2017.


Filmographie

2017 – Volubilis (LM)
2011 – Mort à vendre (LM)
2006 – What a Wonderful World (LM)
2003 – Mille Mois (LM)
2000 – Le Mur (CM)
2000 – Trajets (CM)
1998 – La Falaise (CM)