Idrissa Ouédraogo

Photo : Odile Motelet

Idrissa Ouédraogo est un réalisateur burkinabè, né le 21 janvier 1954 à Banfora.
Après des études d’anglais, Idrissa Ouedraogo entre en 1977 à l’Institut africain d’éducation cinématographique (Inafec). Diplômé, il fait un séjour à kiev , puis poursuit son apprentissage en France, à l’Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) en 1982, et à la Sorbonne, où il obtient un DEA de cinéma.

Il se lancé tôt, dès 1981, dans la réalisation de plusieurs courts métrages, qu’il qualifie de « documentaires fictionnalisés » sur des sujets concrets : Poko (1981), Pourquoi ? (1981), Les Ecuelles (1983), Les Funérailles du Larle Naba (1984), Issa le tisserand (1984), Ouagadougou, Ouaga deux roues (1985), Tenga(1986). Poko, son premier court métrage, film de fin d’études à l’Inafec remporte le Prix du court métrage au Fespaco – festival panafricain de cinéma – de 1981 .

En 1986, il réalise son premier long métrage de fiction : Yam Daabo (Le Choix) qui raconte l’exode d’une famille de paysans chassé par la sècheresse. Sélectionné au Fespaco en 1986, le film est également invité à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 1987.
Le choix , comme les films suivants, est tourné sur les lieux de son enfance, dans le même décor sahélien, par un réalisateur très attaché à ses racines. C’est dans ce cadre que se déroulent les trois films suivants, Yaaba (« Grand-mère ») en 1989), Tilaï (La Loi) en 1990 et Karim et Sala en 1991. Ils vont définitivement asseoir la renommée internationale du réalisateur burkinabé .Le premier est sélectionné à Cannes à la
Quinzaine des réalisateurs en 1989 et reçoit le prix de la critique internationale. Le second « Tilaï » a obtenu le Grand prix du jury au Festival de Cannes en 1990 et, en 1991, le Grand prix du Fespaco.

Il crée alors sa propre société de production, “Les Films de la Plaine”.
C’est par ce biais qu’il réalise en 1992 Samba Traoré qui reçoit un ours d’argent à Berlin en 1993. Le film annonce un tournant dans l’œuvre du réalisateur burkinabé. Il va désormais mettre en scène des histoires plus complexes de manière plus dynamique et il va accorder une grande d’attention aux aspects techniques de la réalisation.

Ce sera le cas dans les trois longs métrages tournés ente 1994 et 2003, Le cri du coeur(1994), Kini et Adams, sélectionné pour la compétition officielle à Cannes en 1997, et la Colère des dieux (2003).
Idrissa Ouédraogo a aussi beaucoup produit pour la télévision, en France (son téléfilm, Afrique, mon Afriquea été diffusé en 1994 sur Arte) et au Burkina : il a réalisé plusieurs films et plusieurs séries, notamment Kadie Jolie en 1999, Le monde à l’endroit en 2000 et Trois hommes, un village en 2005 qui ont eu un grand succès public. Ajoutons qu’en 1991 il a mis en scène, à la Comédie Française, La Tragédie du roi Christophe, d’Aimé Césaire.

Idrissa Ouédraogo nous a quitté en février 2018.


Filmographie

Longs métrages

1986 – Yam Daabo (Le choix)
1989 – Yaaba (Grand-mère)
1990 – Tilaï (La loi)
1991 – A Karim Na Sala (Karim et Sala)
1992 – Samba Traoré
1994 – Le Cri du cœur
1997 – Kini et Adams
2000 – Le Monde à l’Endroit (TV)
2003 – La Colère des Dieux
2006 – Kato, Kato

Principaux courts métrages et documentaires

1981 – Poko
1981 – Pourquoi?
1983 – Les écuelles, documentaire
1983 – Les Funérailles du Larle Naba, documentaire
1984 – Issa le Tisserand, docu-fiction
1985 – Ouagadougou, Ouaga deux roues, documentaire
1986 – Tenga
1991 – Obi
1994 – Afrique, mon Afrique (TV)
1994 – Gorki
1996 – Samba et Leuk le lièvre avec Jean-Louis Bompoint, animation
1997 – scénarios du sahel: Pour une fois, La boutique, Le gros et le maigre, Le guerrier
2000 – scénarios du sahel: Conseils d’une tante
2001 – Le marché du deux roues au Burkina
2002 – film collectif « 11’09″01 – September 11 »
2008 – L’anniversaire