Rencontres cinématographiques du pays Marennes Oléron

Kini et Adams

kini-et-adams

Réalisé par Idrissa Ouédraogo
Avec Vusi KUNENE, David MOHLOKI, John KANI, Nhati MOSHESH, Netsayi CHINGWEDERE E
Durée : 93'
Année de réalisation : 1997 Sortie : octobre 1997

Kini et Adams est l'histoire de deux amis qui rêvent de partir de leur campagne natale pour réussir ensemble en ville. Ils remettent en état une vieille voiture, alors que tout le village se moque d'eux. Sous la pression de la femme de Kini, ils finissent par renoncer à leur projet, jusqu'au jour où un gros chantier s'installe dans la région et leur offre un travail rémunérateur. Mais alors que les conditions de réalisation de leur rêve paraissent ainsi réunies, leur amitié est mise en cause par la rivalité et la jalousie qui s'instaurent entre eux.

« Le film est ainsi structuré dialectiquement en deux lieux chargés de signification symbolique : d'un côté, un paysage westernien, étendue de nature à l'état pur où gambadent buffles et chevaux et où vivent nos héros ; de l'autre, la carrière de pierre, son aridité et sa poussière, ses machines et ses casques, ses règles contraignantes et sa corruption, où travaillent les protagonistes. Comme dans un western classique, Kini & Adams (le film autant que les personnages) est ainsi clivé entre un ordre ancien, primitif, naturel qui renvoie à une idée de la liberté et de l'enfance, et une avancée de la civilisation avec ses machines, ses bienfaits économiques, ses lois mais aussi son lot de problèmes nouveaux. ..........Le film reflète ainsi ce qu'on suppose être un déchirement pour le cinéaste : Ouedraogo sait que l'Afrique doit grandir, car c'est par la maturité économique et politique qu'elle s'affranchira de ses nombreuses tutelles colonialo-paternalistes (son choix de la langue anglaise va dans ce sens), mais il semble aussi regretter que cette évolution ne puisse se faire qu'au détriment d'une certaine part d'enfance »
Les Inrocks 30-11-1996

« Ecran large, amples mouvements de caméra, acteurs professionnels : quelque chose a changé dans le cinéma d'Idrissa Ouedraogo. Déjà Samba Traore (1992) amorçait le virage. Un scénario qui privilégie l'action, un style plus nerveux, des héros dessinés avec vigueur. Le cinéaste burkinabé s'éloigne de sa première manière : ces portraits d'une Afrique écrasée sous le poids des traditions, dessinés d'une caméra chaleureuse et indolente. Avec Kini et Adams, les grands espaces, comme dans les westerns, annoncent l'aventure et sont sillonnés de personnages pittoresques. Mais Ouedraogo n'abandonne pas ses thèmes favoris avec, en toile de fond, la misère » Bernard Génin Télérama

Kini et Adams a été sélectionné pour la compétition officielle à Cannes en 1997