Rencontres cinématographiques du pays Marennes Oléron

Tilaï

tilai

Réalisé par Idrissa Ouédraogo
Avec Rasmane Ouédraogo, Ina Cissé, Roukietou Barry, Assane Ouédraogo, Sibidou Sidibé, Moumouni Ouédraogo, Mariam Barry, Seydou Ouédraogo, Mariam Ouédraogo, Daouda Porgo, Kogre Warma, Mamadou Ganamé et les habitants des villages de Koumbri et Komsilga.
Durée : 81'
Année de réalisation 1990

De retour dans son village natal après deux ans d'absence, Saga découvre que Nogma, qui lui était promise, est devenue la seconde épouse de son père. Mais Saga et Nogma s'aiment toujours et deviennent amants. Pour le village, c'est un inceste. Saga doit mourir et c'est son propre frère, Kougri, qui est désigné pour exécuter la sentence. Il ne peut s'y résoudre, laisse s'échapper Saga et fait croire à sa mort. Seules leur mère et Nogma connaissent la vérité...

« La simplicité est sans doute la caractéristique première de Tilaï. La brièveté des plans, la précision et l'étroitesse des cadres, l'épurement des mouvements de caméra relèvent d'un désir d'utilisation minimaliste du langage cinématographique afin de laisser le récit et les gestes parler d'eux-mêmes. Ouédraogo désire ardemment s'effacer et donner priorité aux protagonistes et à l'image, en les laissant s'exprimer par eux-mêmes » Geneviève Royer « Erudit » 1997

« J'aime Tilaï aussi parce que c'est un film original, inclassable : Tragédie antique ou classique ? Drame shakespearien ou moderne ? Conte ou fable ? Documentaire ou fiction ? Tout à la fois, mais jamais une adaptation, affadissant son ou ses modèles. Enfin c'est un film qui ne vieillit pas par les questions qu'il pose : intangibilité de la tradition, de la coutume, des règles d'honneur (« Tilaï » en moré veut dire « La loi »), sans laquelle une communauté perdrait sa cohésion ou droit au bonheur de chaque individu ? Mais alors que la tragédie enferme ses héros dans une destinée irrévocable, les personnages de Tilaï (comme ceux des films précédents de Ouédraogo (Le choix 1986,Yaaba 1989) sont libres de choisir, d'obéir et de désobéir et en assument les conséquences » Georges Cavalié (Festival des trois continents) 2009.

Tilaï a obtenu le Grand prix du jury au Festival de Cannes en 1990 et, l'année suivante, en 1991, le Grand prix du Fespaco (Etalon de Yennenga).