Rencontres cinématographiques du pays Marennes Oléron

Yaaba

yabaa

Réalisé par Idrissa Ouédraogo
Avec Fatimata SANGA, Noufou OUÉDRAOGO, Roukiétou BARRY, Adama OUÉDRAOGO, Amadé TOURÉ, Sibidou OUÉDRAOGO, Adama SIDIBÉ.
Durée : 90'
Année de réalisation : 1989 Sortie : Août 1989

Dans un village du Burkina-Faso, Bila, un jeune garçon, passe le plus clair de son temps à parcourir la campagne en compagnie de sa cousine Nopoko. Il se prend d'affection pour Sana, une vieille femme accusée de sorcellerie, rejetée par le village, et qui vit recluse dans une case à l'écart du village. Auprès d'elle, Bila apprend les secrets des anciens et la sagesse du doute. Et, lorsque Nopoko est grièvement blessée d'un coup de couteau, seul Bila sait que Sana, qu'il appelle Yaaba, grand-mère en moré, peut sauver la fillette...

« Yaaba reprend ainsi tout ce qui fonde la démarche cinématographique de Ouédraogo, cinéaste de la terre, du regard, de l'altérité. L'histoire de ses personnages est inscrite dans l'histoire d'un pays, voire d'un continent. Ouédraogo se réapproprie l'espace essentiel du village, qu'il filme à la fois dans sa globalité (la société d'un village africain), et pour des individus détachés du cadre enfermant du village (la grand-mère et Bila). En mettant en scène ces deux héros qu'a priori tout sépare, Ouédraogo a offert au spectateur l'une des plus belles rencontres : deux regards, deux visages, la jeunesse et la vieillesse qui se reconnaissent dans leur humanité, dans une lumière à la fois crue et douce d'une savane sauvage. « L'Afrique, ce n'est pas seulement celle des masques, des danses, des cases. C'est aussi celle de l'amitié, de l'amour, de la réflexion sur le monde... » Une maxime d'Idrissa Ouedraogo qu'il a hissé, de manière ô combien réussie, au rang de vérité avec Yaaba » CRITIKAT 15 avril 2008 « Tu seras un homme » par Sarah Elkaim

« Le secret précieux de Yaaba, c'est que le cinéaste se pose vis à vis de ce qu'il filme les mêmes questions que Bila devant le monde dont il découvre les règles et les préjugés. Idrissa Ouédraogo prend le temps du temps. Il sait qu'il n'est pas besoin de se presser pour regarder les êtres et les choses, afin de mieux donner à voir. Regarder avant de juger, donner une chance égale à tous, c'est aussi ce qu'apprend Bila.....Pas de folklore, ni d'exotisme de carte postale, pas non plus de misérabilisme, mais la seule grâce du geste et du mouvement » Thierry Horguelin « 24 Images » 1990

Prix Spécial du jury, prix du public, prix de la musique au Fespaco 1989 Grand prix au Festival de Toronto 1989
Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 1989 : sélection, prix de la critique internationale et prix du jury oecuménique