Rencontres cinématographiques du pays Marennes Oléron

Mercedes

mercedes

Réalisé par Yousry Nasrallah
Avec Yoursa, Zaki Abdel Wahab, Abla Kamel, Seif Eddine, Taheya Carioca
Durée : 105’
Année de réalisation : 1993

Bien que se prénommant Noubi, ce qui signifie "le Nubien", le héros est né blanc de peau. Chrétien de naissance, communiste de conviction, riche, voulant donner sa fortune au Parti, Noubi est décidemment trop différent. Entre une mère étrange, un frère homosexuel, une tante aux activités illicites et sa dulcinée, danseuse du ventre, Noubi a bien du mal à s'y retrouver.

« Mercedes est devenu un film culte. C’est celui de mes films qui a le mieux marché parce qu’il y avait Yousra qui est une superstar du cinéma égyptien. Aujourd’hui il marche encore mieux….... À sa sortie, on l’avait accusé d’être immoral et confus... Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui s’y retrouvent alors que c’est un film qui date de 1993…………... Les histoires de corruption sont, je pense, ce qu’il y a de plus faible dans le film. Parce ce que ce qui m’intéresse dans Mercedes, c’est de raconter l’histoire d’un héros différent au moment de la chute du socialisme : il est chrétien, communiste, ses cheveux sont blancs, il est le fils d’un diplomate noir, il a un frère pédé... Le propos du film est résumé par cette scène dans le bus où un intégriste lui demande si Dieu l’a créé ainsi. Et lui de répondre : « Si Dieu avait voulu que je sois comme tout le monde, il m’aurait créé comme tout le monde. » Interview de Y Nasrallah dans « Vacarme » Juillet 2002

« Cette radioscopie osée et lucide de la violence dans le Caire des années 90 nous entraîne dans la quête de la justice et de l’amour d’un jeune homme de bonne famille Noubi (le « Nubien », blond mais fruit adultérin de sa mère avec un diplomate africain) qui cumule tous les handicaps : bâtard, copte, ex-communiste, supposé fou et toujours idéaliste. Toutes les tares d’une société déboussolée, corrompue et adoratrice de l’argent (et des Mercedes), sont passées en revue……………………... Un cri d’alarme contre le désespoir d’une jeunesse confrontée au néant apparent du présent » Yves Thoraval Le Monde diplomatique (juillet 1994).