Bilan édition 2018

Une 9° édition réussie

La 9° édition de Visions d’Afrique a eu lieu du mercredi 17 octobre au mardi 23 octobre. La fréquentation a fortement progressé, marquant nettement l’adhésion du public à la programmation proposée. Les autres volets ont également obtenu des résultats satisfaisants.

Cette 9° édition a présenté 18 longs métrages venant de 11 pays. Elle a proposé 45 séances dont 39 séances « grand public ». Elle a rassemblé 2942 spectateurs et participants. Les résultats quantitatifs de la 9° édition ont largement dépassé les prévisions.

1. Une fréquentation en très nette progression

Alors qu’ avaient été avancés comme objectifs 1500 entrées payantes pour les séances « grand public » (+ 10%) et 38 spectateurs en moyenne par séance, les entrées payantes se sont établies à 1684 (+22,3%) et le nombre moyen de spectateurs par séance ( pour les 39 séances) a dépassé nettement 40 pour atteindre 43,2 (contre 33,4 en 2016).

Autre fait notable, la croissance a été plus forte à l’Estran (32,2%) qu’à l’Eldorado (+18,7%) pour la 2° année consécutive. La progression de la fréquentation en 2018 a amplifié encore la croissance forte observée en 2017 par rapport à 2016 (+17,7%).
En 2 ans (entre 2016 et 2018) le nombre des spectateurs a progressé de 44%… Il faut sans doute y voir plus qu’un effet de conjoncture, les conséquences d’un réel enracinement du festival. Le fait aussi que la zone d’attraction s’est étendue bien au delà du pays Marennes Oléron.

Cette croissance s’est traduite, notamment à l’Eldorado, par des affluences « exceptionnelles » par rapport aux années antérieures et par des séances rassemblant plus de 80 spectateurs.
A l’Eldorado, le nombre moyen de spectateurs par séance s’est établi à 47,9. A l’Estran le nombre moyen de spectateurs par séance se situe en 2018 à 32,5 contre 19,9 en 2016…

Le tableau récapitulant l’évolution du nombre des spectateurs depuis 2012 met bien en évidence le fait que les années 2017 et 2018 ont connu une croissance spectaculaire de la fréquentation (1684 spectateurs en 2018 contre 1170 en 2016).

L’examen du tableau concernant la répartition des spectateurs par salle et par jour met également en évidence le fait que le net déséquilibre observé il y a quelques années ente la fréquentation pendant le week-end et les autres jours tend à se réduire : 5 jours ont enregistré plus de 200 entrées et le nombre moyen de spectateurs du jeudi (46) est à peine inférieur au nombre moyen enregistré le samedi et le dimanche.

2. Succès de la programmation cinématographique

Bien entendu cette croissance est en rapport avec la qualité et la diversité des films proposés. 2018 a été sur ce terrain une excellente année.

La plupart des des films au programme ont largement trouvé leur public.
On peut considérer que sur les 16 films du programme « adulte », deux seulement, « I am not a Witch » et « Notre Folie », ont eu moins d’attrait et ont rassemblé un public plus réduit, en rapport, pour « Notre Folie », sans doute avec le fait que ce film difficile n’a pu être projeté qu’une seule fois. Fait très positif, il a donné lieu à des débats passionnés tant dans la salle qu’à l’extérieur.

Pour les autres films, on notera, comme tous les ans, l’effet mobilisateur de la présence des réalisateurs, en l’occurrence Sofia Djama et Faouzi Bensaidi, dont les films « Les Bienheureux » et « Volubilis » ont attirés un public nombreux:( moyenne de 66 par séance pour Volubilis et de 42 pour le film de Sofia Djama).
ll faut également relever une nouvelle fois le rôle décisif joué par Catherine Ruelle pour ce qui concerne l’animation des séances.

Un point important : contrairement à ce qui a pu être observé les années précédentes, si le public a bien marqué des préférences , il a cette année été attiré par de nombreux films qui ont rassemblés un nombre à peu près équivalent de spectateurs : ce fut le cas de « Rafiki », de »Maman Colonelle », de « Sofia » (5 projections avec une moyenne supérieure à 40 spectateurs par séance ), de « Frontièes » d’Appoline Traoré (46) , de « Makala », de « Yommedine » (une séance à 88 spectateurs)….

10 films ont ainsi dépassé une moyenne de 40 spectateurs par séance…un résultat nettement supérieur aux résultats obtenus lors des précédentes éditions.

Le film de la séance d’ouverture « Razzia » a été apprécié (près de 200 spectateurs au total ) .Près de 80 spectateurs sont venus à l’Estran ,pour la clôture du festival, voir « Voyage au Congo », le film de Marc Allegret, avec accompagnement musical. Les deux séances d’ouverture et de clôture
ont donc obtenues d’excellents résultats.

Ajoutons enfin que les hommages rendus à Soumanou Paulin Vieyra et à Idrissa Ouésraogo ont intéressé un public relativement fourni . Près de 50 personnes ont assisté à la présentation des courts métrages de Paulin Vieyra. La séance-hommage à Idrissa Ouédraogo consacrée à la projectrion de « Yaaba » , un classique, a rassemblé 65 spetateurs.

La programmation cinématographique a donc manifestement répondu aux attentes des spectateurs. La qualité et la variété des films de cette session ont été un facteur essentiel de la progression de la fréquentation.

3. Une bonne participation des scolaires

Le volet scolaire a donné des résultats convenables en 2018.
Globalement le programme scolaire a rassemblé 669 élèves , un nombre légèrement inférieur à 3 celui de l’an dernier et du même ordre qu’en 2016.

Le nombre des collégiens -398- a nettement dépassé le nombre des élèves du primaire (271) : l’opération » Collèges » (film proposé « Lamb » de Yared Zeleke, réalisateur éthiopien) a rassemblé les élèves de 4 établissements.
Elle a acquis une dynamique propre qui explique cette nette progression.

La dispersion est plus grande pour le primaire, auquel était proposé le film « Adama », ce qui rend la communication avec les établissements plus difficile et explique sans doute la stagnation observée de la participation.

Il faut ajouter que la présence d’un réalisateur aux séances des collégiens l’an dernier (Berni Goldblat avec le film Wallay) et cette année, d’un enseignant, critique de cinéma, Tierno Ibrahima Dia, unanimement apprécié par les enseignants et les élèves , ont eu un effet mobilisateur
indéniable. La formule est à l’évidence à renouveler, si les moyens financiers l’autorisent.

Comme les années précédentes un programme spécifique a été mis en oeuvre avec les élèves des classes « cinéma » du lycée Merleau-Ponty de Rochefort. Cette année , c’est Stéphane Vieyra qui s’est rendu à Rochefort et a présenté aux élèves les courts métrages de Paulin Vieyra. Cette
intervention s’est déroulée dans d’excellentes conditions.

Au total le programme a concerné 11 établissements scolaires, dont 1 lycée et 4 collèges (29 classes pour le primaire et les collèges) , qui se sont répartis à peu près également entre les deux cinémas. Ce résultat n’est bien entendu pas négligeable, mais sans doute pourrait-t-on faire mieux, notamment dans le primaire, en assurant une animation des séances par la participation d’un réalisateur ou d’un journaliste. Question à étudier….en fonction des moyens mobilisables..en 2019.

La communication entre le festival et les établissements scolaires du primaire demeure insuffisante. La qualité des relations directes avec les quatre collèges est en revanche un facteur de l’indéniable réussite de l’opération en 2018 comme en 2017. Il convient de maintenir la qualité de ses contacts.

4. L’indéniable réussite des rencontres littéraires

Constat essentiel : ce volet s’est bien enraciné et rencontre un public en constante progression. Le programme littéraire a intéressé cette année 4 médiathèques, la bibliothèque (Dolus d’Oléron) qui s’est associé pour la première fois à l’opération, et plusieurs collèges (en premier lieu le collège
du Château). Ces rencontres ont rassemblé au total 479 participants qui se sont se répartis ente adultes (105) et enfants/adolescents (374).

Les prestations de Halima Hamdane et de Alexandre Oho Bambé semblent avoir recueilli la pleine approbation des responsables et des publics qui ont, une nouvelle fois, apprécié les présentations et interventions de Bernard Magnier.

Alexandre Oho Bambé est intervenu dans deux médiathèques (Marennes et Saint Georges) auprès d’un public adulte, les séances étant animées par Bernard Magnier. Les échanges ont portés essentiellement sur le premier roman publié par Alexandre Oho Bambé « Diên Biên Phù  » qui a été très apprécié par les lecteurs. Les rencontres ont été un succès selon les rapports des responsables des deux structures.

Il a également animé deux séances au collège du Château d’Oléron avec des élèves de 4° et de 3°. Elles ont pour l’essentiel concerné l’oeuvre poétique de Alexandre Oho Bambé, notamment des poèmes du « Chant des possibles » (Prix Paul Verlaine de l’Académie française 2014), qu’ils avaient préalablement étudiés.

Au collège de Marennes enfin , il a animé une rencontre avec les clubs de Slam. L’appréciation suivante portée par une enseignante du collège  » très belle rencontre, un personnage poétique et plein d’élévation. Ce fut un moment de joie pour mes élèves, mon documentaliste et moimême »met en évidence la qualité des interventions d’Alexandre Oho Bambé auprès des élèves des collèges.

Il est revenu à Halima Hamdane , conteuse marocaine, d’animer les rencontres avec le « jeune public » dans 3 médiathèques, à Saint-Pierre, Saint-Denis et Marennes, et à la bibliothèque de Dolus. Il s’agissait d’un public scolaire varié ( CP CE 1 et 2 à Saint-Denis, CM1 à Marennes, CM1
et 2 à Saint-Pierre) encadré par les enseignants et qui avait activement préparé ces rencontres. Le jeune public a été partout séduit par les contes d’Halima Hamdane.

« Halima Hamdane a captivé son auditoire, petits et grands confondus, avec ses récits venus d’ailleurs » : cette appréciation formulée par la responsable de la médiathèque de Saint-Denis vaut pour l’ensemble d’une prestation qui a atteint ses objectifs.

Trois expositions en rapport avec le programme cinématographique

Trois expositions, en relation étroite avec le programme cinématographique, ont été organisées dans les halls de l’Eldoradoe et de l’Estran et dans la salle d’exposition de la médiathèque de Marennes.

Deux de ces expositions participaient à l’hommage rendu cette année à Idrissa Ouédraogo et à Paulin Soumanou Vieyra.

Pour Idrissa Ouédraogo, c’est la photographe Odile Motelet qui a mis en place dans le hall de l’Eldorado une exposition de photos d’Idrissa Ouédraogo, dont plusieurs prises lors de son séjour à Visions d’Afrique en octobre 2015. Elle venait en complément à la projection du film
« Yaaba »organisée le lundi à l’Eldorado.

L’exposition sur Paulin Soumanou Vieyra,  également installée dans le hall de l’Eldorado mais également dans le hall de l’Estran, a permis au public de prendre contact avec un cinéaste un peu oublié dont l’itinéraire et la production sont intimement liés à la naissance du cinéma d’Afrique
Noire.
Elle a joué son rôle introductif intéressant à la projection des courts métrages de Paulin Vieyra et à la conférence donnée par Stéphane Vieyra sur l’oeuvre de son père.

L’exposition sur le Maroc, mise en place dans les médiathèques de Marennes et de SaintPierre d’Oléron, avait pour ambition de mieux faire connaître ce pays, en rapport avec la projection de plusieurs films marocains figurant au programme cette année, notamment « Volubilis »
de notre invité Faouzi Bensaidi et « Sofia » de Meryem Benm’Barek.

Le choix s’est porté sur les photographies d’un Maroc « peu connu, oublié » du photographe Philippe Picard qui est venu présenté son exposition.Près de 100 visiteurs ont apprécié cette vision singulière du Maroc.

Au total les expositions ont cette année parfaitement joué le rôle complémentaire, et éclaireur, qui leur est assigné dans le cadre du Festival.

Crédits photos : Odile Motelet / photo.motelet.com